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vendredi 6 avril 2018

Bon, bah, voilà quoi...

... en souhaitant joyeux Noël la dernière fois j'aurais aussi pu rajouter joyeuses Pâques!

Nan mais pas de pression hein, s'il ne doit y avoir que deux articles par an, so be it, de toute façon personne ne me lit (si? y'a quelqu'un?), si cet endroit ne doit "servir" qu'à une chose au moins ce sera à documenter ma petite vie pour moi-même!
Cette semaine, j'en profite et c'est assez cool: vacances scolaires, nouveau chef (j'y reviendrai) pas là, 3/4 de mon équipe pas là et les projets font un peu du sur place. J'en profite donc aussi pour me ressourcer, pour prendre du temps pour moi avant que le stress ne redémarre!

Quoi de nouveau sous le soleil? (au sens propre du terme, ça y est enfin, le printemps arrive en Teutonie!)

- home, sweet home: ça y est, la rénovation du toit a démarré! après les devis très différents durs à évaluer, les problèmes de livraison des matériaux, les vacances de l'entreprise élue, les nôtres pas forcément compatibles, l'automne pourri, on s'était finalement dit "allez, maintenant on n'est plus à ça près, on fait ça au mois de Mai au milieu des week-ends de 4 jours". Sauf qu'au mois de Mai la boîte a des gros chantiers et qu'ils nous ont mis devant le fait accompli "soit c'est fin mars début Avril, soit on repousse en Juin/Juillet". Sauf que le prêt à taux préférentiel de l'état qu'on peut utiliser quand on fait des travaux énergétiquement positifs, il fallait qu'on l'utilise avant fin Juin vu qu'il n'a qu'un an de "validité". Donc on a dit banco, depuis mardi une partie de mon jardin sert de dépotoir à matériaux et ma tornade blanche extérieure démarrée à l'arrivée des beaux jours a été réduite à néant... pas grave, faire défaire et refaire c'est toujours travailler...
À l'intérieur aussi on s'est fait un petit plaisir, après 15 ans de rangement de livres, CD et DVD dans des étagères Ikea dont certaines dataient encore du temps de nos apparts étudiants (n'empêche respect, elles tenaient toujours debout après je ne sais combien de déménagements...), on s'est lancés dans la planification et l'achat d'une vraie bibliothèque sur mesure: commandée fin octobre, livrée et montée en février: ta-ta-daaaaaaaaaaaaaaaaaaa!

Alors c'est sûr, c'est pas tout à fait le même prix que du Ikea (euphémisme) mais celle-là, on la gardera à vie!

- men at work: après 18 ans de bons et loyaux services dans sa boîte, le Mec a saisi l'année dernière une opportunité et a démarré au premier Janvier un nouveau boulot dans une nouvelle boîte: tout est nouveau, tout est différent, tout est à apprendre mais le bilan au bout de 3 mois est extrêmement positif. Il s'intègre très bien, il apprend très vite, il ne reçoit que des feedbacks élogieux, il rentre tous les soirs persuadé que ça a été la meilleure décision qu'il ait jamais prise dans sa vie professionnelle. Surtout quand ses ex-collègues lui racontent que leur site risque à moyen terme de fermer ou au moins de subir une restructuration radicale avec départs plus ou moins volontaires... pour le coup, il a eu du nez! Il travaille beaucoup mais pas franchement plus qu'avant, c'est plus près de la maison, il a une voiture de fonction et a fait un bond en avant au niveau du salaire: que demander de plus?

- working girl: de mon côté, du changement aussi, notre domaine a été restructuré, il y a eu une rotation des chefs de département, donc nouveau boss pour moi, donc adaptation nécessaire à la nouvelle personne, d'autant plus que par rapport à l'ancien c'est un peu le jour et la nuit. Petit à petit, on devient une équipe... mais il part à la retraite dans un an et demi, donc on repartira à zéro de ce point de vue-là! En tout cas de nouvelles équipes sont arrivées, d'autres sont parties, nouveau mélange, nouveaux buts, nouvelles façons de travailler... Dans mon équipe à moi un départ, un collaborateur "prêté" pour un an pour soutenir un programme de "Lean", une embauche... ça bouge aussi, tout en restant assez stable grâce à ce que j'ai mis en place depuis 3 ans (boudiou, déjà 3 ans). Pourvu que ça dure!

- big boy: Choupinou continue à faire son petit bonhomme de chemin à l'école, ramène dans 99% des cas des bonnes notes, de temps en temps il faut juste se poser avec lui et mettre les choses au clair, son côté dans la lune est toujours très présent... il trouve parfois des solutions lui-même: il oublie une fois sur deux les cahiers pour faire les devoirs? Pas grave, dorénavant il prend absolument tout dans son cartable. Avantage, il a toujours ce dont il a besoin à disposition. Inconvénient, le truc pèse l'équivalent d'un âne mort...
Sinon, l'ado qu'il va être continue doucement à se dessiner, l'intérêt pour les filles s'éveille peu à peu, il a flashé sur une petite arrivée à l'école en Janvier dans la classe parallèle à la sienne (et réciproquement). Elle habite à quelques rues de chez nous, à chaque occasion ils passent du temps ensemble. Le week-end dernier on l'a emmenée avec nous au ciné, les deux marchaient devant nous, elle sa main autour de son épaule, lui autour de sa taille... mon bébé... aucun rapport avec la choucroute (enfin, espérons), mais il va démarrer l'éducation sexuelle à l'école après les vacances de Pâques. On a reçu la brochure pour les parents, je sens qu'on va se marrer, tel que je le connais il va nous matraquer de questions...

- pretty girl: Choupinette aussi a trouvé sa place très vite en CP, avec elle c'est comme dans la pub, zéro soucis, zéro tracas! Elle n'oublie rien, fait ses devoirs à l'avance, sait les jours où elle a besoin de son sac de sport, donne les papiers de l'école à temps... je n'ai quasiment pas à m'en occuper, ça me gagne un temps fou! Elle est toujours à fond dans le foot, a même réussi à se faire accepter par les grands de CM2 pour taper dans la balle dans la cour, elle m'impressionne. Tout le monde me dit qu'elle a un don, le Club de la ville a une certaine réputation mais le souci c'est que chaque week-end il y a un tournoi (sans compter les multiples entraînements en semaine, pas forcément hypra compatibles avec nos emplois du temps), passer mes dimanches sur les stades de la région franchement non merci. Du coup je suis en train de rechercher des endroits où elle pourrait jouer "juste pour le fun", des camps pour pendant les vacances... et la logistique qui va avec!
Au niveau look du coup elle n'a pas vraiment évolué dans la direction princesse, sa tenue préférée ça reste jeans, baskets et maillot/t-shirt de foot, tout ce qui est un minimum girly a été banni de son armoire. Je suis obligée de faire des deals: dans 10 jours, c'est la première communion de son frère et j'ai exigé qu'elle mette une robe et des ballerines à cette occasion. Elle n'a accepté que sous la condition qu'on lui achète des chaussures de foot. Franchement, les négociations Corée du Nord/Etats-Unis à côté, c'est du pipi de chat...

- family business: je me détache de plus en plus de ma mère et de mon frère qui de leur côté ne font aucun effort pour faire un geste ou un pas dans ma direction, pour montrer qu'ils s'intéressent un minimum à ma vie. Je les ai officiellement invités à la communion de mon grand lors de mon passage chez ma mère au mois de Janvier avec les loulous (trajet en Train, métro, RER, pas forcément évident avec deux enfants et des bagages, je dis ça je dis rien), avant-hier soir elle m'annonce que 1) "ah oui mais avec les grèves ça va être très compliqué quand même, du coup on n'a pas osé réserver de billets" (note: la veille et le lendemain de la communion ne sont pas des jours de grève SNCF et mon frère habite à Strasbourg soit juste de l'autre côté de la frontière, les trains allemands ne font JAMAIS grève) - 2) "ton frère a oublié de demander s'il pouvait avoir son lundi matin et maintenant 10 jours avant c'est un peu tard" (je rappelle: invitation il y a 3 mois!) - 3) "oui mais on ne connaît pas les autres invités, vous n'allez pas pouvoir vous occuper de nous (message subliminal: vous occuper exclusivement de nous), ça va pas être rigolo" (pour info encore: les autres invités, ce sera nos meilleurs amis ici (couple 100% français donc pas de problèmes de barrage de la langue) et ma nounou avec sa petite famille). Devant tant d'arguments en béton (on la sent bien là l'ironie?), j'ai lâché l'affaire, encore une fois je ne veux forcer personne. Je suis juste déçue pour mon loulou, qui n'aura ni sa grand-mère ni son parrain le jour de sa communion. Je n'ai rien dit, j'ai ravalé, et j'ai répondu "oui, c'est ça" quand elle a sorti sa grande idée "à la place, on viendra vous voir un week-end au mois de Juillet, ce serait cool non?". Je crois qu'au mois de Juillet, je vais être très prise...


Sur ce, je vais aller un peu profiter du soleil et des 20°C qui m'attendent dehors... à la prochaine pour un nouveau résumé! 

vendredi 20 février 2015

Bonanéééééé! (ah bah non, zut, loupé)

J'ai donc commencé cet article en Janvier, nous voici bientôt en Mars, cherchez l'erreur... des nouvelles neuves de tête de ligne sous forme de Ups & Downs!

+++ les yeux de Choupinou: le rendez-vous du 5 Décembre s'est très bien passé (même les gouttes) et on est ressortis de là avec l'ordonnance pour les caches et la mission de lui mettre une heure par jour. Déjà, gros soulagement, vu que j'étais persuadée qu'il allait devoir passer ses journées avec le truc sur l'oeil... après réception des "pansements" à l'effigie de Jacke le pirate, Flash McQueen et Phineas&Ferb (on peut pas dire qu'on n'aura pas tout fait pour motiver!), il a fallu s'y mettre. Premier jour, bof bof, Monsieur a chouiné pendant une demie-heure en se mettant les mains sur les yeux... quand on a réussi à lui mettre le bazar, pleurs ("ça gratte", "ça fait mal", "je voie pas bien" (ndlr: sans déconner?)), avec les larmes le truc s'est décollé et ne collait plus, deuxième tentative (140€ les 100, par ici la monnaie), on a réussi à le laisser pendant l'heure entière. Le lendemain, il a râlé, moins longtemps, et n'a pas pleuré. Le troisième jour, il me sort dans la voiture "Maman, demain je veux mettre le pansement de McQueen". VICTOIRE!!!!!!!!! Pendant les vacances, zéro problème, zéro stress. Le 16 Janvier, nouveau rendez-vous, et là la super bonne nouvelle: l'oeil gauche qui n'avait plus que 32% d'acuité visuelle, a maintenant près de 60%! Et en plus, il voit beaucoup mieux en "3D". Donc les 2 prochains mois on continue sur le même rythme avec seulement une heure par jour. La doc a dit qu'au début ça allait toujours vite mais qu'après ça risquait de stagner un peu plus et qu'à ce moment-là il faudrait peut-être augmenter la durée. N'empêche que, beaux progrès, ça m'a rassurée carrément, la méthode marche sur lui!

--- vacances et surtout retour des vacances: pour une fois, Belle-Mam potable, quelques tentatives de nous titiller pour que ça parte en sucette mais on est restés zen du coup zéro dispute, youpi. N'empêche que je ravale pas mal de choses. Dans un autre registre, je ravale encore plus chez ma propre mère et avec mon frère, le Mec lui, fait bien sentir à tout le monde qu'il ne se sent pas à sa place. Ambiance donc sous tension, conversations sans émotion. On ne se chamaille pas... mais est-ce que ce ne serait pas mieux que ça sorte, toutes ces rancunes et ces blessures? Parfois j'aurais tellement envie de mettre le pied dans la fourmilière, de dire à ma mère que depuis des années je me sens oppressée quand je viens la voir, que j'en ai marre d'être toujours considérée comme la petite fille à qui on doit dire quoi faire et quoi penser, que je ne veux pas vivre comme elle a vécu, que j'aimerais qu'elle soit plus mamie gâteau, qu'elle comprenne que ce n'est pas grave si des enfants en bas-âge n'aiment rien de ce qu'ils mangent au restaurant chinois, que ce n'est pas malin de dire devant eux "qu'est-ce qu'ils sont difficiles ces gosses", que j'en ai marre d'appeler tous les mercredis soirs et de sentir une fois sur deux sa voix pâteuse, de l'entendre chercher ses mots ou répéter 3 fois la même chose (dans ces cas-là j'ai envie de hurler "mais pourquoi tu n'as rien appris de Papa, pourquoi tu fais les mêmes conneries, t'as vraiment envie de la même déchéance?"), que bientôt je vais péter un plomb si mon frangin continue à dire à mes enfants "Arrêtez de faire des bêtises sinon Tonton va se fâcher" juste parce que confinés dans un appartement ils ont un moment où ils sont un peu plus dissipés? Ce n'est qu'un extrait de la liste, et je ravale, et je n'ouvre pas ma boîte à camembert, parce qu'elle est fragile, parce qu'il a une tendance à la déprime, parce qu'au fond de moi il y a une petite voix qui dit "oui, ils sont lourds, oui ils te saoulent, mais c'est ta famille, quelques jours par an tu peux bien faire quelques efforts, si tu l'ouvres c'est la bombe atomique, tu remets en question ton éducation, elle ne s'en remettra pas, et lui il coupera les ponts".
Bref, après ces quelques jours reposants (ah ah ah), retour au bercail début Janvier... on rentre dans la maison, et là paf! on rencontre le chat du quartier dans l'entrée! Je dis au Mec "purée, il a dû se glisser dans la maison quand on a chargé la voiture, il est resté enfermé 15 jours, sans manger, sans litière, ça va être la cata là-haut...". Choupinou monte et je l'entends dire "Maman, la porte de la cuisine elle est ouverte!". Je monte, effectivement la porte-fenêtre de la cuisine (qui donne sur jardin et terrasse) est ouverte, y'a des bouts de bois partout, je comprends tout de suite qu'on a été cambriolés. Le lieu du crime, notre chambre - et les bijoux. La chance dans notre malheur, c'est qu'on a dû les interrompre, donc tout n'est pas parti, mais ils ont raflé quand même quelques boîtes avec: les bijoux de baptême des enfants et du Mec, mon collier de mariage, des pièces en or héritées de ma grand-mère, des colliers en or, deux montres d'homme familiales, une caméra vidéo (vieille mais qui avait encore 2 cassettes avec des films des enfants dessus),... les flics sont venus, mais ils ne nous ont pas donné trop d'espoir, on n'est pas les premiers dans le coin, ce sont des bandes qui viennent de l'étranger et qui disparaissent sans laisser de traces. Donc voilà, super surprise, et maintenant on se coltine toute la paperasserie avec l'assurance...

+++ Carnaval: cette année j'ai évité tout ce que je n'aime pas dans la façon germanique de fêter Carnaval entre adultes, donc il n'est resté que la fête qu'en ont fait les enfants. 3 jours de suite ils ont eu le droit de venir déguisés à la maternelle donc cette année on a eu :

Jour 1: un Spiderman et une fée
Jour 2: un vampire et un clown
Jour 3: un Hulk et une policière

J’aurais eu encore en réserve un pirate, un chevalier et mon traditionnel diablotin (l'année prochaine il n'existera plus celui-ci, taille 3/4 ans ils vont vraiment trop aller aux fraises dedans!), on aurait pu tenir encore 2 jours ! Au fur et à mesure j’achète des déguisements et des petits accessoires pas chers et il y a maintenant un tiroir spécial dans la commode de Choupinou. En tout cas ils aiment de plus en plus se transformer, jouer un autre rôle, inventer des histoires, et pour moi c'est un plaisir de les observer. Ils se sont gavés de beignets, de bonbons et de crêpes, ils ont leur dose pour un an!

+++ le nouveau job: bilan au bout de presque 4 mois (le temps passe trop vite, 2ième épisode): c'est stressant, c'est prenant, y'a des boulets parmi les nouveaux collègues et les employés, y'a le chef qui fait aussi parfois son boulet, je ne suis pas au niveau technique suffisant pour pouvoir argumenter jusqu'au bout, MAIS: c'est passionnant d'avoir à faire quotidiennement à des caractères aussi différents, d'apprendre à les connaître, de comprendre comment ils fonctionnent, de les soutenir, de les soulager, de leur indiquer les directions, de les motiver, de les recadrer,... je me rends compte que c'est exactement ça que je veux faire, et que plus le temps va passer plus je vais savoir le faire de la façon dont je veux le faire. J'échange beaucoup avec le Mec qui a un job comparable, ça m'apporte beaucoup et la combinaison des deux me fait "grandir" et me sentir à l'aise dans mes pompes. Mon côté "je suis une usurpatrice, j'ai juste eu de la chance et ai été au bon endroit au bon moment" commence à être relégué au second plan, ça aide aussi pour la confiance en soi. Bref, pour moi personnellement ça a été aussi le bon pas à faire, je ne regrette pas malgré les petits sacrifices que ça implique. Bien sûr il y aura des moments où j'aurai envie de tout envoyer balader, espérons cependant qu'ils resteront rares et que le reste prédominera.

--- en totale contradiction avec le paragraphe ci-dessus "je suis cool et trop bien dans mes baskets", physiquement c'est la grosse remise en question et un certain rejet de l'image que je renvoie. Mon poids qui s'était pas mal stabilisé les derniers mois voire même années a recommencé son ascension vers le haut. Ce ne sont que quelques kilos, mais ils se voient, ils se sentent, ils me dérangent, de me dire "ben ouais, tu as 40 ans et deux enfants, c'est comme ça" ne suffit pas à me réconcilier avec mon corps. Notre alimentation reste la même, nous n'avons rien changé de fondamental, alors je me demande pourquoi. Et je fuis les miroirs, je fuis même les magasins, la plupart des choses que je trouve jolies sur un cintre perdent leur joliesse sur moi. Le Mec m'a offert deux robes à Noël, qu'il a fallu renvoyer, une des deux n'est pas allée plus haut que mes jambes - en temps normal j'aurais pensé "bizarre cette marque, ça taille vraiment petit", là devant la déception du Mec et le constat que même une taille au-dessus, je ne serais pas rentrée dedans, j'ai pensé de moi-même "t'es moche, y'a plus rien qui puisse te mettre en valeur". Et ça m'a rendue triste... d'un autre côté, je laisse faire, je préfère regarder un film avec le Mec plutôt que d'aller nager, je ne vais pas manger une salade pendant que les autres se tapent un hamburger-frites, je m'auto-persuade que ça ne va rien changer. Tout cela est plein de contradictions et de non-conséquence, mais je laisse filer, ce n'est pas important finalement... ou bien si?



Tschüss la compagnie!

mardi 11 mars 2014

Ma teu-hon d'il y a 30 ans

Vu qu'on est actuellement en train d'organiser notre petite sauterie pour nos 40 berges, l’autre jour dans la voiture je pensais au thème des soirées déguisées, c'est très tendance d'avoir un thème, un peu comme pour les mariages sauf que pour un anniv on peut se lâcher un peu plus (n'est-ce pas Bichette-Léia? :-). Et par association d’idées ça m’a fait me souvenir d’un triste épisode de jeunesse, à savoir le plus grand moment de honte de ma vie, ou plutôt celui où je me suis sentie le plus ridicule. Bon, sachant que je suis un peu (beaucoup?) gaffeuse et maladroite, les grands moments de solitude ne me sont pas inconnus, mais là pour que je m’en souvienne alors que j’avais peut-être 8 ou 9 ans, c’est que ça m’a marquée pour les siècles des siècles (amen).

Revenons donc une grosse trentaine d’années en arrière. Je suis en primaire, la vie est belle, j’ai plein de copines et l’une d’elle invite un jour pour fêter son anniversaire, un mercredi. Jusque là, rien de bien dramatique. La condition limite de l’anniv, c’est qu’on doit venir déguisés. Là, ça se corse. Dans ma famille les panoplies de Superman ou de Candy, on n'a pas, et on s’habille de façon plutôt conservatrice (si j'exclus le pantalon pattes d'eph vert pomme de ma mère qui date des années 70 mais encore trop grand pour moi à l'époque... par contre il m'a bien servi plus tard!). Bref, j’annonce timidement qu’il faut que j’aie un déguisement, dans un premier temps mes parents ne réagissent pas vraiment, plutôt dans le trip ”et même si t’es pas déguisée elle te laissera quand même entrer ta copine non?”. Je mets la pression jusqu’à ce que mon père cède et me dise “écoute moi mercredi de toute façon je bosse pas, on va trouver quelque chose ensemble, aie confiance ma fille”. Le mercredi venu, il ne déroge pas à sa parole et se ramène fièrement avec une boîte de crayons pour maquiller le visage… je commence à avoir mes premiers doutes… ensuite, on ouvre mon armoire, on fouille, on rigole… et là le paternel sort un col roulé bleu, un collant blanc, un bonnet de ski blanc avec un pompon et m’annonce les yeux tous brillants “j’ai une idée!!!!”. Admettons. Au début, il ne veut pas dire ce que c’est. J’enfile le sous-pull, le collant… mais où veut-il en venir? Puis il sort une paire de ciseaux, sépare le pompon du bonnet… remplit le bonnet de P.Q… va chercher une aiguille et du fil… coud le haut du bonnet avec le bas du bonnet… me demande de me retourner et me coud également le pompon aux fesses… pour enfin me révéler ce que j’avais déjà un peu deviné: il va me transformer en schtroumpf !!! Si ça c’est pas une super idée…

Une fois le tout enfilé/posé, vient la séance maquillage. Ça tombe bien, y’a un crayon bleu dans la boîboîte magique dîtes donc! Et vas-y que je te tartine le visage, et les oreilles, et le cou, et les mains… quand je me suis vue dans la glace, on ne peut pas dire que le déguisement n’était pas réussi, je ressemblais vraiment à un schtroumpf. Mais j’ai eu un choc. Et j’ai réalisé avec effroi que la copine, elle habitait pas dans la résidence 50 mètres plus loin, mais que j’avais à traverser une bonne partie de la ville déguisée comme ça. Avec en plus un petit manteau court vert émeraude (c’était en automne je crois) qui jurait un peu avec le bleu schtroumpf, En plus je me sentais à poil avec juste mon collant… Mais mon Popa était si fier de son oeuvre que j’ai rien dit. Et que je suis allée à l’anniv comme ça, sous les regards des passants qui ne pouvaient s’empêcher de sourire en me rencontrant, même à l’époque je sentais qu’il y avait un peu de moquerie dedans. En arrivant là-bas, tous les gosses morts de rire. Ils étaient tous en princesse, fée, Albator, Blanche-Neige, pirate… je me souviens que je ne me suis pas sentie à ma place… et que je me suis dit que si après ça, j’avais encore des copains/copines, ça tiendrait du miracle. La maman a bien essayé de me redonner le sourire en disant que j’avais le déguisement le plus original, mais les rires avaient tout gâché. Une fois en fouillant dans les photos de mes parents j’ai retrouvé un cliché de ce jour-là. Je crois bien que je l’ai déchiré. Heureusement, le numérique n’existait pas à l’époque!

Moralité, pour la fête de dans 2 mois et demi... soit on fait rien... soit tous en schtroumpfs!

mardi 4 décembre 2012

Erster Tag

(eh, eh, eh, ceux qui parlent le teuton vous l'avez vu le jeu de mots là hein hein, dites, hein?)

C'est très émue que je me tiens (asssise) aujourd'hui devant vous pour faire mon premier tag, vous savez, ces questionnaires qui circulent de blogs en blogs et qui sont très pratiques quand on n'est pas méga inspirée... C'est Madame Gingko qui me l'a refilé, et comme ce sont ses questions à elle toute seule qu'elle s'est trituré le cerveau des heures pour les trouver, je vais me faire un plaisir d'y répondre!

1. Tu décores quand ton sapin de Noel toi? Parce qu’ici, tu vois, la tradition, c’est que le sapin, il se décore le 24 au soir.. et sans les enfants…………… C’est le petit Jesus qui fait tout ça tout seul. Trop fort le petit Jesus.

Tu peux pas me le prêter ton p'tit Jésus? En fait si la question est "est-ce que tu as déjà fait ton sapin?", la réponse est non... déjà, je trouve que c'est une prouesse que j'en fasse un vu qu'en général on n'est pas chez nous à Noel, mais bon, avec les enfants maintenant j'ai quand même envie d'une ambiance en rapport avec la période de l'année. Cette excuse est aussi valable pour justifier le fait que j'ai un sapin en plastique (Ikea, 19.90€, collection 2001) qui est toujours droit et ne perd pas ses aiguilles. La prochaine question, cruciale, sera donc: à quel moment de la journée vas-tu faire ton sapin? Plusieurs possibilités: a) avec les deux nains qui vont faire des noeuds dans les guirlandes, casser 2/3 boules au passage et enlever/remettre la prise pour la guirlande lumineuse que le Mec a payée un bras mais qui ne clignote pas b) avec Grand Nain seulement qui va mettre toutes les boules sur la même branche parce que ce sera celle qui sera pile à sa hauteur c) à 21:00 le soir quand les deux diablotins sont couchés.
Tu me conseilles quoi?

2. Tu fais quoi pour la Saint Sylvestre?

Si tout va bien on sera à Paris, si tout va bien on pourra faire les 25 kilomètres sur des routes dégagées pour aller voir notre bande de copains qu'on n'a pas vus depuis, pfiouuuuuu, au moins 3 ans, on va passer une super soirée avec de la bonne bouffe (et si tout va bien encore y'aura du foie gras, ouais, ouais, vive le foie gras!), 7 adultes et 8 enfants entre 2 et 8 ans, moi j'vous dis, y'aura de l'ambiance, sortez les cotillonnnnnnnnnnnnnns!

3. Ton fils ou ta fille de quelques années mais pas beaucoup se réveille en plein milieu de la nuit. Tu fais semblant de dormir et de ne rien entendre en attendant que ton compagnon se lève enfin ou tu es déjà dans sa chambre à le réconforter alors qu’il ou elle n’a pas encore commencé à brailler. Et ne mens pas, hein.

Quelque part entre les deux... d'abord, j'attends un peu pour voir si ça vaut vraiment le coup de se lever, pour 2/3 gémissements aucun de nous n'a besoin de quitter sa couette chérie. Si ça gueule "totoooooooootte!!!" ou bien "aboaaaaaaaaaaare!!!" là faut que l'un de nous se dévoue. Si le Mec n'est pas en train de ronfler respirer fort, je peux tenter un retournement dans le lit qui craque et un soupir de femme fatiguée, si je l'entends attraper ses lunettes sur la table de nuit c'est que c'est pratiquement gagné. En cas de sommeil profond (feint ou non), c'est moi qui m'y colle, je vais dans la chambre voisine en grelottant, un seul oeil ouvert, je remets une sucette dans la bouche ou remplis un bib d'eau. Quelle abnégation n'est-il pas? (et les jours de loose, une fois que je me suis décidée à me lever, j'arrive dans sa chambre et Choupinette me montre toute fière sa tototte "a trouvé Maman!")

4. Si t’avais le droit de changer un truc de ta vie, ce serait quoi?

Pouvoir ne dormir que 4 heures par nuit tout en étant en forme! Dans la famille, on a un gène marmotte, en-dessous de 8 heures on ne tient qu'avec une thermos de café bien serré...

5. T’es plutôt Edward ou Jacob? Avoue.

Franchement, si je m'en étais tenue aux livres je dirais Edward. Le souci, c'est que j'ai vu les films, donc depuis pour moi Edward = mec au nez aplati et au corps malingre (je me demande ce qu'elles peuvent bien toutes lui trouver) --> not my type!!!! Comme j'aime bien les corps bien dessinés , je vais dire le loup-garou, mais pour être politiquement correcte, il faudrait que je dise ni l'un ni l'autre, à moins de passer pour la perverse du coin:  ils pourraient être mes fils!!!!!!!!!!!!! (par contre tu m'aurais dit MacDreamy ou MacSexy, tu m'aurais mise devant un réel dilemme)

6. Tu lis quoi en ce moment? C’est bien?

J'ai commencé il y a 3 jours (donc j'ai lu environ... 12 pages) le premier tome de "Hunger Games" (en allemand "die Tribute von Panem") qu'une collègue m'a refilé gratos sur mon Kindle. J'en avais entendu parler quand le film du même nom est sorti l'année dernière alors je me suis dit "pourquoi pas?". Ca se passe dans un monde apocalyptique, ça semble être une critique de la télé-réalité (dans le même genre que "le prix du danger" ou plus connu "the running man" avec Arnie), les héros ont 17-18 ans donc y'aura sans doute un peu d'eau de rose à un moment donné... ça a donc le potentiel pour me plaire! Par contre pour venir à bout des 3 tomes, je crois que je vais y mettre tout 2013... surtout qu'entre temps, comme je l'ai dit dans le précédent billet, faudrait que je passe à un autre genre de lectures  plutôt intitulées "comment ne pas paraître trop nouille dans un assessment center en 10 leçons".

7. Et sinon, ça va bien la vie? T’as le moral?

Ben ouais, plutôt! En fait, ça dépend si je suis dans un jour pessimiste ou optimiste: quand je suis en mode "down", je me dis qu'à vouloir tout faire en fait je ne fais rien de bien, je ne passe pas assez de temps avec ma famille, je ne peux pas non plus faire mon boulot absolument parfaitement, je me dis que je suis trop nulle pour réussir l'assessment center, je vois mon homme hyper crevé et frustré par sa boîte, je me dis que les vacances de Noel vont être stressantes, zéro reposantes, que de voir mon père va me mettre le moral à zéro... les jours "up", il suffit d'un compliment, d'une gentille réflexion au boulot pour me booster, je regarde ma vie, je vois que j'ai un merveilleux mari, 2 beaux enfants en bonne santé, une jolie maison, un salaire que certains considéreraient comme indécent qui accompagne un travail qui me plaît... cette semaine, j'ai décidé qu'elle serait "up"!

oui, je commence à sécher là sur les questions.. courage, il n’en reste plus que trois…
8. Dis, ça fait combien de temps que t’es allée chez le coiffeur? Je veux pas dire mais.. hum… il faudrait peut-être y penser.. Je blaaaaague (je précise qu’à l’instant où je crée cette question, je ne sais pas encore qui je vais taguer.. faudrait pas que vous soyez vexées)

Nan mais quelqu'un a installé une web-cam à l'insu de mon plein gré ou quoi? Je suis en ce moment un désastre capillaire ambulant... ma dernière visite chez mon coiffeur chéri? Avant les vacances d'été! Du coup, ça a poussé, ça tombe sans forme même si je passe du temps à faire des brushings et à mettre de la laque dessus pour cacher la misère, ma couleur naturelle a repris le dessus et il y a 2 semaines je me suis coupé la frange toute seule (constatation: je n'ai absolument aucun talent de coiffeuse). Dernière chance de rattraper le coup, un rendez-vous le 15 Décembre avant le grand départ, s'il le faut je réserve une baby-sitter!!!!!!!!!

9. Tu sais ce que ça veut dire toi brain afk? Parce que moi, jusqu’à peu, je ne savais pas. Mais ça veut pas dire que je le suis, hein. J’te vois venir!

Faut que je cherche sur Google ou je peux continuer à vivre sans savoir ce que ça veut dire? Si c'est encore un truc de geek, je rappelle que je suis au degré zéro de la geekerie, que j'ai mis 2 semaines à installer l'outil de statistiques sur mon premier blog, à peu près autant pour qu'on puisse m'envoyer un mail à partir du-dit blog et que mes abbréviations se limitent à lol et mdr...
10. Tu trouves que zalando, c’est le bien ou le mal?

Bizarrement je n'ai commandé qu'une fois chez eux, 2 paires de godasses dont une qui me scient les pieds... je regarde de temps en temps quand ils me relancent avec des bons d'achat mais je n'ai pas eu l'impression que les prix étaient super intéressants. Je commande baucoup de fringues pour les enfants sur Internet mais pas forcément des trucs de marques alors ce n'est pas sur ce site que je vais en priorité! Moi je généraliserais plutôt: le shopping sur Internet en général, c'est le mal!

Et voilà!
Par contre je n'ai pas (à ma connaissance) de lecteurs réguliers qui ont des blogs, dur dur de refiler la patate chaude à quelqu'un, tous ceux/celles que je lis l'ont déjà reçu 43000 fois... alors on va faire comme ça: s'il y a 3 ou 4 personnes qui viennent me lire, qui ont des blogs et qui seraient prêtes à répondre à mes questions métaphysiques, qu'ils se manifestent et je promets d'essayer d'en trouver 10!
Bizzzzzzzzz enneigées...

mercredi 1 août 2012

Eins, zwei, Polizei...

... qu'on pourrait traduire par "mes expériences avec les flics teutons". Attention hein, je ne suis pas une grande criminelle, faudrait pas croire...
La première fois où je me suis "frottée" à la loi, j'avais vraiment quelque chose à me reprocher. J’avais récupéré la bagnole de ma grand-mère, je l’avais immatriculée en Allemagne, assurée comme il faut… les seuls trucs qui manquaient, c’était le triangle de sécurité et la boîte de pansements. C’est une obligation en Allemagne de les avoir toujours dans la voiture. On ne peut pas dire que je ne le savais pas, j’ai fait mon permis ici et dans un séminaire sur la sécurité (où on s’entraîne par la même occasion à faire un joli pansement, un massage cardiaque et du bouche-à-bouche à un mannequin en plastoque), c’est le genre de choses qu’on apprend. On apprend aussi que la boîte de pansements a une date de péremption, et que si on te chope avec une boîte périmée ben tu payes la même prune que si t’en avais pas du tout. Mais bon, comme d’habitude j’avais procrastiné et décidé que j’achèterais les deux choses «à l’occasion». Et ça loupe pas, un jour en rentrant du boulot, paf, un barrage de la police sous le pont à quelques centaines de mètres de chez moi… je remarque qu’ils laissent passer une voiture sur deux, d’après mes calculs je devrais passer à travers mais non, on me fait ranger sur le côté. Et là, une montée d’adrénaline dans mon corps : purée, je suis encore en période d’essai et j’ai pas le triangle et la boîboîte. Gnourf. Le flic, encore une fois avec un air peu engageant, me demande mon permis et la carte grise de la voiture… et là je me rends compte aussi que j’ai toujours mon nom de jeune fille sur mon permis, mais que j’ai fait mettre mon nom de femme mariée sur la carte grise. Là non plus, ça ne loupe pas, il me demande pourquoi il y a deux noms différents, je lui explique que je suis mariée depuis peu, que je l’ai uniquement fait changer sur la carte grise. Heureusement pour ma pomme, il semble qu’on ne soit pas obligé de faire changer le permis (j’ai vérifié après cet épisode), le flic ne dit rien, mais se barre avec mes papiers, les montre à un collègue… revient vers la voiture, commence à tourner autour, vérifie les plaques d’immatriculation… je m’aperçois que la voiture de devant, ils lui font ouvrir le coffre… ça y est, je suis foutue, je vais me prendre une contravention carabinée!!! Mais le bon Dieu décide sans doute que j’ai été assez punie à baliser comme ça, puisque le flic revient, me rend mes papiers, me signale que de temps en temps ça serait peut-être pas une mauvaise idée que je lave ma titine vu que les plaques sont un peu sales (oui oui Monsieur l’Agent, pas de problèmes Monsieur l’Agent, promis juré!), me souhaite une bonne fin de journée et me laisse partir. J’ai le cœur qui a battu la chamade encore de nombreuses minutes après, et j’ai acheté mon triangle et la boîte de premier secours dès le lendemain!

La deuxième fois, on s’est fait arrêter par les flics pour un contrôle au retour d'un mariage, donc au milieu de la nuit. Heureusement, le Mec est quelqu’un de très raisonnable, il avait bu son dernier (et je crois même unique) verre de vin 3 ou 4 heures avant et avait carburé depuis à l’eau et au coca. Au début le flic, il faisait une tête sérieuse… il a d’abord demandé les papiers… puis il nous a demandé d’où on venait… en apprenant qu’on était à un mariage, il a demandé si on avait bu de l’alcool, tout en projetant le flash de sa lampe de poche dans les yeux de mon homme… le Mec a répondu très calmement qu’il avait bu un peu de vin mais que ça remontait à plusieurs heures, et il a ajouté «et j’ai même pas bu de champagne». Là, le flic s’est complètement déridé, il a commencé à rigoler et à dire «quoi, un mariage et même pas un peu de champagne??? Quand même, vous auriez pu, un mariage ça se fête!». J’ai halluciné… en tout cas il nous a laissés repartir comme ça, sans même faire souffler. Mais aussi sympa qu’il ait été, j’avais le cœur qui battait à 200 à l’heure. Pourtant, on n’avait vraiment rien à se reprocher, mais je sais pas, c’est un réflexe incontrôlable.  le Mec, lui, il reste cool... est-ce que cela tient au fait qu'il avait un grand-père gendarme ?

La troisième fois que j'ai eu affaire à la maréchaussée, ça aurait pu bien mal finir... un matin, sur le chemin du travail, alors que je suis peut-être à 30 km/h maximum, je trafique l'auto-radio pour trouver de la musique qui me plaît. Et tout d'un coup... boum! Le bouchon s'est intensifié, tout le monde a pilé, je suis rentrée dans la voiture de devant. Gnourf. Je sors, deux filles sortent de l'autre voiture, je m'excuse, on regarde les voitures (une petite bosse et quelques égratignures, comme je disais la vitesse était limitée), on échange nos coordonnées et on met au point de se téléphoner le soir pour les histoires d'assurance. Quelques heures après, coup de fil de la conductrice au boulot, froide au possible: "oui alors bon, ma copine sur le siège passager elle a super mal au cou, on a été à l'hosto on lui a donné une minerve... maintenant on va chez les flics à cause de la blessure, et après je vais voir mon garagiste pour qu'il fasse un devis pour les réparations". Après ça en gros elle m'a raccroché au nez. Youhouuuuu... nouveau coup de fil dans l'après-midi, le commissariat qui me dit de passer le soir-même. Bonjour l'angoisse pendant les quelques heures qui ont suivi. Au commissariat, on tombe sur une fliquesse adorable, qui m'explique que la fille a en gros déposé une "pré-plainte" pour coups et blessures involontaires, que pour l'instant il ne se passe rien mais qu'elle a 3 mois pour décider si elle retire la plainte ou si elle la maintient. Sur le moment, je peux vous dire que ça fait un choc. Mais on nous dit que c'est courant ce genre de choses, que dans 99% des cas la plainte est retirée, et que je ne dois pas me faire de mouron. Plus facile à dire qu'à faire! Pendant 3 mois, j'ai donc bien balisé, j'ai pris des nouvelles régulièrement de la "blessée" qui se plaignait à chaque fois que quand même, elle avait encore un petit peu mal... et j'ai fini par recevoir un papier comme quoi je n'avais pas à craindre de procédures... tout est bien qui finit bien mais autant vous dire que depuis, il n'y a pas plus concentrée que moi sur la route!

En petit bonus et parce que ça fait partie de la culture musicale allemande (si, si), la chanson qui m’a inspiré le titre et qui n’est quand même pas loin d’être la chanson la plus conne de tous les temps...

vendredi 4 mai 2012

Je suis timide... mais j'me soigne

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une fille complexée avec une confiance en soi proche du zéro absolu. Je crois que ça a vraiment démarré à l’école primaire, cette période où les enfants deviennent méchants, dès que le physique commence à avoir de l’importance. J’ai toujours été grande et assez costaud, donc enfant je passais facilement pour «grosse». Je me souviens d’une phase où j’avais été super contente qu’on me donne un surnom, ça voulait dire que je faisais partie de la bande, que j’étais intégrée… que ce surnom soit Bouboule, ça a quand même fini par me peser…

Quand on est enfant ou même ado, on ne choisit pas forcément ses fringues. Enfin, chez moi c’était pas le cas. Ma mère avait toujours tendance à m’habiller en vraie petite fille, avec des robes à volants, des trucs roses… oh c’était toujours des choses jolies, et sans doute chères, mais quand on est au collège, que les autres ont tous des jeans et des t-shirts Naf-Naf et que soi-même on porte des robes en velours et un manteau en espèce de fausse fourrure rose (je l’adorais ce manteau, jusqu’à ce que je me prenne une remarque déplacée un jour, à partir de là je trouvais toutes les excuses pour ne plus le mettre), on se sent marginale. Et puis la coiffure, n’en parlons pas. Au début j’aimais mes cheveux longs, j’aimais les nattes et les macarons façon princesse Leila que ma mère me faisait tous les matins. Ces tresses, je les ai portées jusqu’en 6ième, jusqu’à ce qu’encore une fois je me fasse traiter de naze par des camarades. Exit les nattes. Tout ceci a fait que je me suis un peu renfermée sur moi-même. J’avais des copines bien sûr, qui elles étaient souvent les stars de la classe… le syndrôme de la copine moche ? Je le ressentais à 100%.

La période la pire, ça a été le collège. J’ai eu droit à l’appareil dentaire façon Dents d’Acier, à un moment avec la totale, les petits élastiques qui reliaient le haut et le bas (et qui pétaient quand on ouvrait trop grand la bouche), les gencives en sang, et le casque la nuit qui tirait horriblement et qui rendait toute position autre que sur le dos impossible. Top glamour. Le pire du pire, ça a été lorsque les boutons d’acné sont apparus en plus. Je pouvais difficilement me regarder dans une glace… c’est aussi la période où le corps change et devient (théoriquement) celui d’une femme. Le mien restait sans formes, et il a fallu que j’attende mes 18 ans pour me faire à l’idée que bon, c’était comme ça, jamais je ne ferai plus qu’un 85B. Au lycée et à la Fac, mon physique s’est légèrement amélioré (plus d’appareil dentaire, une peau de nouveau potable grâce à Roaccutane mon sauveur), ma confiance en moi par contre, c’était toujours pas ça. Complexée un jour, complexée toujours. Mais mon caractère a un peu changé. J’ai choisi l’auto-ironie comme moyen de défense.. J’étais toujours timide, mais je devenais plus expansive, me moquant de moi-même à chaque occasion. Vestimentairement, j’ai essayé de me trouver un style. Pas forcément à la dernière mode, j’avais ni les moyens ni la force de persuasion nécessaire sur ma mère… mais j’ai commencé à mettre des jolis petits bijoux, à accorder les tenues, à mettre des petits talons, à me maquiller un peu plus, de sorte de faire ressortir mes yeux bleus, seule vraie partie de moi que j’ai toujours trouvée convenable (et que j'ai léguée à mes enfants). Et tout ça, ça a payé. Ce n’est plus seulement moi qui allais vers les autres pour m’en faire des amis, ce sont aussi eux qui venaient vers moi. Mes autocritiques passaient pour un signe de confiance en soi. Mais complexée, je l’étais toujours. Je n’arrivais pas à comprendre ce que ces amis pouvaient me trouver, je me sentais toujours aussi banale, moche, ordinaire. Complètement ordinaire. Sentimentalement, j’étais toujours au point mort, je n’attirais que des gentils garçons un peu polards et souvent pas très gracieux. Moi, je tombais amoureuse des autres, les bad boys, les séducteurs, ceux qui me voyaient seulement comme une bonne copine rigolote et pas comme une potentielle petite copine.

Arrivée à 20 ans en école d’ingés, revirement de situation. 95 mecs + 10 filles = l’embarras du choix. Les derniers mois, avec le stress du concours j’avais perdu du poids, avant la rentrée je m’étais décidée à couper un peu mes cheveux, et paf d’un coup je récoltais plus de compliments que dans toute ma vie jusque là. Le premier beau gosse qui a manifesté un peu d’intérêt pour ma petite personne, il m’a accrochée. Et puis j’ai rencontré le Mec. Qui m’a séduite, charmée, qui petit à petit a réussi à rajouter quelques pierres à l’édifice fragile de ma confiance en moi. Qu’un homme aussi merveilleux soit amoureux de moi depuis presque 18 ans, c’est ce qui me fait penser de temps en temps que finalement, je suis peut-être quelqu’un de bien.

Au niveau du boulot, pareil. J’ai toujours été une bosseuse, donc ça marchait bien, mais jamais je n’ai eu de don, de talent inné pour quelque chose. Et mes parents ne m’ont jamais donné l’impression que c’était quelque chose de spécial d’avoir un minimum de succès scolaire. Première de la classe? C’est normal. Bac scientifique avec mention? C’est normal. 86ième d'un concours national? C’est normal. Un premier bon boulot dans une grosse boîte allemande? C’est normal. Assistante d’un chef de centre? C’est normal. Jamais ils ne m’ont dit qu’ils étaient fiers de moi, alors moi aussi j’ai commencé à trouver tout normal, pas extraordinaire, à la portée de n’importe qui. J’ai tendance à rabaisser ce que je fais, à dire que j’ai seulement eu de la chance, que j’étais au bon endroit au bon moment, et que n’importe qui d’autre pourrait faire ce que je fais. Ce genre de choses fait que je suis rarement dans l'initiative, je suis peu mordante, je me laisse guider par les événements, par les gens qui me tendent la main. Tout se qui s'est passé les derniers mois, la dernière discussion avec Mister Boss à propos de ma carrière, vous n'imaginez pas combien ça m'a stressée. Tout en m'apercevant que si je le voulais, je pouvais bien me vendre, je pouvais avoir un minimum d'ambition, sans pour autant ne plus être gentille et prendre le melon.

Mon premier blog aussi, ça a été une «thérapie». À côté de la confiance du Mec, de son soutien, de sa fierté, à côté du boulot qui marche bien et où on reconnaît mes qualités, à côté des vrais amis pour qui je m’aperçois que je compte, ces quelques lignes quotidiennes étaient un moyen pour moi d’exprimer qui je suis. De réaliser que je pouvais «plaire» à de parfaits inconnus. De me réconcilier avec moi-même. De m’estimer moi-même. Même si régulièrement je ne pouvais m’empêcher de penser « mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien y trouver à ma prose? »

Alors bon, j’en suis pas encore à chanter « You’re simply the best » le matin devant la glace en faisant ma toilette (rigolez pas, un ancien collègue du Mec c’était son rituel du matin !) ou à remplir un cahier avec mes succès de la journée. Mais de penser à tout ça, à mon homme, à ma vie, à mes amis, à ces petits jardins secrets dispersés sur le Net où on ne me juge pas… ben ça me fait presque plaisir d’être moi.