jeudi 12 avril 2012

On n'est pas rendus...

Depuis quelques années il y a dans beaucoup de grandes entreprises allemandes des "projets" qui visent à faire prendre conscience aux petits chefs, moyens chefs et grands chefs que lors des embauches, il serait de bon ton de faire preuve d’ouverture et de tolérance et de donner leur chance aux "minorités", j’ai nommé : les étrangers/gens d’une autre couleur de peau, les handicapés et surtout… les femmes. Ma boîte s'investit donc à fond les ballons dans l'embauche des femmes, ce qui sur le papier sonne plutôt bien. Le souci à mes yeux, c’est que cette offensive se fait à partir de l'imposition de quotas. La façon de procéder, cachée sous de l'esbrouffe marketingesque ("vive les différences, vive la diversité, vive les mélanges"), c’est de décréter que chaque département par exemple devra avoir 20% de femmes. Dans la liste des buts de Super Boss pour cette année (sur laquelle il va être jugé à la fin de l’année et dont va dépendre la partie variable de son salaire, du style si ses buts sont 100% atteints, il touchera le max, si non, dommage pour les brouzoufs!), ce pourcentage sur l'embauche des femmes apparaît en toutes lettres. Et ça quelque part, ça me dérange. Un collègue qui n’a pas sa langue dans sa poche m’a sorti quand j'ai changé de job "avec vous Super Boss il a rempli deux quotas, celui des étrangers et celui des femmes, bien joué!". C'est le genre de petites réflexions qu'on entend ici ou là et qui énervent. Devant ma volonté d'essayer de monter un peu dans la hiérarchie, on me dit très souvent "oh bah c'est la bonne période en ce moment, si tu es la seule femme à l'assessment center forcément tu vas le réussir, et si après il y a un poste vacant, c'est toi qui l'aura plutôt qu'un collègue masculin". Moi, je ne veux pas obtenir tout ça parce que je suis une femme, je le veux parce que j'aurais montré avoir les compétences pour être chef d'équipe, et je ne veux pas avoir d'employés qui pensent que je suis devenue leur chef pour atteindre un pourcentage. Toutes ces choses me font dire que ça part dans la mauvaise direction, que c'est contra-productif et que ça va au contraire augmenter le clivage hommes/femmes dans les boîtes. 
Jusqu’à maintenant le fait que je sois une fille, ça ne m’a pas porté vraiment préjudice. Ni vraiment aidé non plus. En école d'ingés, c’est plutôt agréable, on a un essaim de garçons autour de soi qui vous trouvent mignonne, intelligente et intéressante, c’est flatteur, ça fait du bien à l’ego. Mais bon, au bout d’un moment le côté chasse à la belette, ça commence à saoûler un peu, et quand on a de la chance comme moi on tombe amoureuse d’un gentil garçon qui ne faisait pas partie de la troupe des abeilles (aucun rapport avec la choucroute, c'était mes quelques secondes gnan-gnan de la journée).
Après 3 ans de dur labeur en école, on démarre son premier boulot, les collègues vont preuve d’admiration parce que vous avez choisi je cite un "métier d’hommes". De temps en temps on rencontre quelqu’un qui demande si vous êtes secrétaire ou si vous faites partie du bureau du personnel parce qu’une fille qui s’habille en fille et qui n’est pas complètement repoussante dans leurs têtes elle peut pas être ingénieur. Bonjour les clichés.
De temps en temps il y a un chef comme mon premier chef d’équipe qui sort une phrase du genre « je vous ai embauchée pour vos qualifications et votre personnalité, les quotas j'en ai rien à faire. Ah ouais tiens, vous êtes une femme!». Rassurant, tout le monde n'est donc pas contaminé.

Mon avis, c’est que tout doit se faire bien avant, à l’école par exemple. Je dis pas que dorénavant, il faudra pousser les petites filles à jouer aux petites voitures ou à bricoler avec leurs papas en maniant la clé de 12 (pour parler de ce que je connais moi j’étais une petite fille très girly qui aimait les poupées et les fringues roses de princesse et j'en avais rien à faire des voitures de mon frangin), mais je pense que ça fait partie de l’éducation de montrer aux enfants toutes les possibilités qu’ils auront dans le futur et qu’on ne les bloque pas dès leur plus jeune âge avec des arguments du genre "ah non ma chérie, ça c’est pas un métier pour les filles". Dans mon monde de Barbie, rien n'est interdit, aucune porte n'est fermée (malgré tout je peux aussi l'observer chez mes enfants il y a des enclins naturels à certaines choses, Choupinou joue avec un poupon mais il se passionne pour les motos et peut depuis son plus jeune âge rester des heures à regarder un tractopelle, truc dont Choupinette se lasse au bout d'environ 10 secondes et demie).
Ici, ils ont commencé à comprendre que parfois, certaines initiatives peuvent apporter beaucoup, de temps en temps on voit des petits groupes d’adolescentes entre 11 et 16 ans qui viennent visiter l’usine et à qui on montre qu’il y a plein de métiers techniques intéressants où on ne met pas forcément les mains dans le cambouis. J'en ai encadré quelques-unes, certaines ressortant de là en disant "bon, quand même, moi ce que je préfère c'est les langues" mais aussi d'autres chez qui on voit pointer un petit quelque chose "c'était trop intéressant, je voyais pas ça comme ça, vous croyez que je pourrais faire mon stage de lycée dans votre domaine?". Mais d’ici à ce qu’il y ait la moitié de filles dans les écoles d’ingés, la route est encore longue et je ne crois pas que je le verrai de mon vivant. De l'autre côté, je constate que dans la crèche de mon fils, il y avait au départ 1 éducateur (sur un total d'environ 40 personnes) et que 2 ans environ après, le pourcentage de puériculteurs (ça se dit?) s'élève à environ 20%. C'est quand même mieux que si c'était pire...
Alors est-ce que les quotas imposés sont tout de même nécessaires? Sans doute, ça doit être le moyen de lancer la machine, d’habituer les gens à prendre certains réflexes ou à compétences égales, de plutôt prendre une femme pour un certain boulot. Parce qu'une femme quand même, ça peut tomber enceinte, et ça peut décider de prendre un congé parental, alors à part ne prendre que celles qui ont plus de 45 ans, y'a pas de risque zéro. J'espère quand même que viendra le jour où ces questions de pourcentages auront disparu, et où chacun pourra choisir le métier qu'il veut, non conditionné par la société, les médias ou l'éducation. C'est beau de rêver non?

mardi 10 avril 2012

Toc toc toc...

... y'a quelqu'un?
Vu le maigre nombre de visites annoncé par Tonton Google il semble que non... pas grave, même pas mal, aujourd'hui je rattrape un mois de silence avec une nouvelle catégorie: "ma vie est un film" (parce qu'en fait je suis une grande cinéphile, sauf que maintenant j'ai des enfants, que la dernière fois que j'ai vu un cinéma de l'intérieur j'avais le ventre plat et qu'un DVD, c'est un record si on arrive à le regarder en moins de 3 fois. Bref.).

"Joyeuses Pâques"
On a fait comme tout le monde, on a caché des trucs dans le jardin. Enfin, caché c'est un bien grand mot, vu que Choupinou quand on joue à cache-cache il ne nous trouve pas même si on est juste allongé sur le canapé avec deux pauvres coussins qui cachent la tête, donc on a juste dispersé le chocolat sur le gazon. Le plus dur à trouver, c'était le gros lapin sous le toboggan, mais avec des indices il y est arrivé. On a réussi à encore faire croire que les Cloches (ou le lapin de Pâques allemand qui pond des oeufs, un miracle de la nature) nous avaient rendu visite, malgré que le Mec n'ait pas fait preuve d'une discrétion exemplaire (Choupinou: "Oh Maman, Papa dehors!" Choupinette, pointant du doigt: "Papaaaaaaa!"). Donc il a rempli son panier, laissé les plus petits trucs pour sa soeur et on en a au moins pour jusqu'à Noel. Le panier a été largement surélevé sinon les repas depuis dimanche midi auraient essentiellement été à base de coccinelles et autres bestioles chocolatées, crises de foie en prime.

"la Firme"
Pas mal de chamboulements dans la boîte dernièrement: restructuration de la recherche et du développement, rien que ça (domaine qui compte 10000 personnes, pour donner une idée...). Moralité? On prend les mêmes et on recommence. On regroupe ici, on élimine là, on fait sauter quelques gêneurs, on secoue très fort et on obtient une nouvelle organisation. Dans laquelle mon chef en a profité pour décider de faire autre chose. Certes toujours au même niveau de hiérarchie mais dans un domaine technique nouveau. Nouveau pour lui mais nouveau pour moi aussi, parce qu'il m'a demandé de l'accompagner dans son voyage vers de nouveaux rivages (c'est bo hein?).

"le Grand Patron"
Pour moi aussi ça a bougé depuis la dernière fois où je me plaignais de me retrouver dans une situation un peu branlante... après une petite phase de déprime, une soirée pleurs suivie d'une discussion avec le Mec (qui est non seulement mon mari, le père de mes enfants, mon meilleur ami mais aussi mon motivateur, mon coach, mon "personal trainer" dans beaucoup de domaines), je suis retournée voir le Boss et je lui ai dit "ça me plaît pas ton plan, faut qu'on parle". Il m'a écoutée tandis que je lui disais tout ce que j'avais sur le coeur. Bilan des opérations, on s'était un peu mal compris. Moi j'avais un peu l'impression qu'il voulait se débarasser de moi, alors que lui il veut juste en gros que je vole de mes propres ailes pour que ma carrière décolle. Bref, on a fait un nouveau deal: je reste pour l'instant avec lui, je me débrouille pour trouver une activité dans un projet où je suis responsable de quelque chose sans être "dépendante" de lui et si ça se passe bien en début d'année prochaine il me met la petite croix magique (voir les épisodes précédents). Et dans un mois je suis dans un drill séminaire de préparation à l'assessment center. Youhouuuuu...

"Requiem for a Dream"
En ce moment je rêve beaucoup, et fait rare, je me souviens de mes rêves, parce qu'ils ne sont pas vraiment agréables et qu'ils ont un rapport avec ma vie. Après l'annonce de la restructuration dans la boîte et du nouveau job de mon chef, paf, je rêve qu'il me vire. Avant-hier on regarde le pilote de la nouvelle série avec Jack Bauer Kiefer Sutherland (message personnel: Kiefer, j'te kiffe!!!!!) où il est question d'un gamin autiste, paf, je rêve qu'à la crèche on me dit que Choupinette a un comportement un peu étrange et qu'ils se demandent si elle n'a pas un petit quelque chose qui ne tourne pas rond... nan mais oh, Monsieur mon Inconscient, on arrête un peu là, si même la nuit je dois me prendre la tête où va-t-on???

"Promotion Canapé"
Le Mec aussi n'est pas gâté au boulot en ce moment. Il a quasi été forcé d'embaucher une fille qui est maquée avec un nouveau chef de département du site , lui-même très pote avec le (également nouveau) grand chef du-dit site. Bon, admettons, le piston ça existe, faut pas se leurrer. Mais qu'au bout de 2 jours elle exige de devenir chef de projet alors qu'elle est juste employée pour être un soutien au chef de projet (un peu plus que faire les photocopies certes mais pas un super haut niveau, ce qui est déjà pas mal vu qu'elle a zéro background technique), ça commence à le gaver grave. Maintenant, il commence à se faire des films comme quoi elle est juste là pour lui prendre son job. Comme il dit, dans les deux cas il est perdant (ou pour citer "la grande vadrouille": "I loose on the two tableaux"): soit il lui donne un projet qu'elle va forcément planter et on dira que c'est parce qu'il ne la coache pas bien. Soit il ne lui en donne pas et le chef du site va lui mettre la pression parce qu'il veut pousser la copine de son pote vers le haut. Bref, situation pas glop, une certaine tension et un Mec qui perd sa motivation et son envie de faire avancer les choses. À moi de chausser ma panoplie de "Super Népouse" pour lui redonner le sourire!

"The Addiction"
Bon, va falloir qu'on agisse, parce que Choupinou commence à être un peu trop accro à la télé. Pas à n'importe quoi hein, aux dessins animés qu'il a le droit de voir, mais si on l'écoutait il les regarderait tous les jours. Maintenant qu'il arrive à ouvrir tout seul la sécurité qu'on a mise sur le meuble où est le lecteur DVD (sécurité que moi-même j'ai parfois du mal à ouvrir, pffff...) et qu'il sait lui-même mettre un DVD dedans et le mettre en route (nan mais même pas 3 ans quoi!), si l'un de nous est tout seul avec les deux enfants et que Choupinette a fait une couche atomique (exemple pris au hasard), on peut être sûr qu'en revenant au salon y'a le film qui tourne. Ca a commencé avec "Happy Feet" à Noel. Puis il a enchaîné avec "l'Âge de Glace". Ce week-end, parce qu'on en a un peu marre des deux même si ce sont de jolis films très bien faits, on lui a mis "Madagascar". Il n'a pas accroché à fond (faut dire ils parlent beaucoup) mais il a passé le reste du week-end à danser et à chanter (en yaourt original) "I like to move it move it" et j'ai dû lui mettre le générique environ 43 fois. On n'est pas rendus. Je doute que mon excuse "il est trop tard, le DVD il doit aussi aller faire dodo" que je sors régulièrement pendant la semaine soit acceptée encore longtemps... y'aura pu qu'à mettre des cadenas partout!

See you fellows, good night and good luck!

vendredi 16 mars 2012

Best of Choupinou (3)

- après la visite de mes parents: "Papi il dit merdum". Oups.

- on essaye en ce moment de lui inculquer quelques règles élémentaires de politesse: dire bonjour, merci et au-revoir. L'autre jour, il me réclame à boire, je lui sers un verre:
la Nana: "et on dit quoi à Maman maintenant?"
lui, après une intense réflexion: "bitte schön Maman"

- résumé de son dessin animé préféré du moment: "d'abord mamouth il arrive et puis il dit "no" (ndlr: il le regarde majoritairement en anglais), après bébé et Maman a peur méchant tigre dans l'eau bébé pleure après mange pastèque et après dodo après marche pas très bien et glisse avec mamouth Sid dit "i got you" et papa bébé arrive fait câlin et bébé partir et Scratchy pas rattraper noisette". Ceci sorti d'une traite sans reprendre son souffle. J'imagine qu'avec les indices des noms vous avez deviné de quel film il s'agit?

- regardant un clip: "monsieur chante pas bien"
le Mec: "ah bon? moi je trouve qu'il chante bien... et Papa il chante bien?"
lui: "non, Papa chante pas bien" (prends ça dans ta face)
le Mec: "et Maman, elle chante bien Maman non?"
lui: "non, Maman chante pas bien" (ben mon gars tu pourras te brosser pour les séances de comptines d'avant-dodo dorénavant!)
le Mec: "bon, qui chante bien?"
lui: "Choupinette chante bien!"
Les goûts et les couleurs hein...

Bon week-end!

mercredi 14 mars 2012

Sosies

On a un jeu avec le Mec, on essaye toujours de trouver des ressemblances entre des gens « normaux » (copains, famille mais aussi n’importe qui dans la rue, le serveur du resto, la caissière du supermarché,...) et des stars plus ou moins connues. Je sais, c’est puéril mais c’est rigolo. Parfois on fait semblant de se disputer quand on n’est pas d’accord « c’est n’impot quoi c'que tu dis, le mec à la table en diagonale il ressemble paaaaaaaaaaas du tout à Nicholson ». Moi-même pendant mes études, un copain a lourdement insisté sur ma ressemblance avec une actrice de série. Ne commencez pas à baver, il ne s’agit pas de Pamela Anderson mais d’une des petites filles qui jouait dans « la fête à la maison ». Mais si, rappelez-vous, cette série avec le pauvre papa veuf et ses trois filles qui vivent dans une grande maison à San Francisco avec les deux oncles, Oncle Joey et Oncle Jesse… nan? enfin bref, voilà que le pote ne démordait pas que la deuxième fille, qui en plus a le même prénom que moi dans le feuilleton, ben c’est tout moi. Et c’est vrai qu’avec mon look de l’époque, cheveux longs et frange sage (voir le post sur mon historique capillaire), en effet c’est troublant. Pour vous donner une idée, quelques photos de la demoiselle à l'époque de la série:

                                               

Voilà à quoi elle ressemble maintenant:


On peut dire honnêtement que je ne risque plus d'être prise pour son sosie. Et ce n'est pas seulement à cause de la coiffure :-(.

Le Mec aussi, il ressemble à un acteur. Lui, il dit que non et que je veux le flatter, mais sur certaines photos et quand mon homme n’a pas ses lunettes, c’est quand même assez flagrant. Il y a quelques années je suis tombée en arrêt devant une affiche dans le métro et je lui ai demandé en rentrant s’il s’était lancé dans le cinéma. Alors le type, en fait c’est le vrai mari de celle qui jouait dans Buffy (moi et les noms…). Bon, il n’a joué que dans des navets (à part dans la dernière saison de "24", notre série préférée en plus) mais le jeune homme se laisse regarder :

Pis y'en a d'autres qui lui ont dit qu'il ressemblait trop à Julien Courbet. On va dire qu'il y a des airs. Si on mixe 60% du monsieur au-dessus et 40% de Julien Courbet on obtient mon chéri. Magique non?
Dans la famille, on est presque un peu déçus parce qu’on n’a pas vraiment de sosies de stars, on peut pas jouer à notre jeu. À part le papa de mon amie d’enfance qui est Guy Bedos tout craché. Du coup on se lâche sur les autres. Chez moi au boulot y’a un sosie de Brian May (guitariste de Queen), de Ben Affleck (en moins bien, faut pas rêver non plus), notre ancien serveur de notre resto italien du samedi il ressemblait à un chanteur d'un boy group qui a disparu depuis, et comme on se souvenait du prénom du gars, Dan en l’occurrence, le pauvre garçon on l’a appelé Dan sans qu’il le sache pendant des mois. Des fois, ça fait faire des gaffes aussi cette obsession de la ressemblance, un jour dans une pendaison de crémaillère le Mec a dit à une des colocataires de notre amie qu’elle était le sosie d'une candidate d’une émission de télé-réalité… après il a bien ajouté « et tu ressembles aussi beaucoup à Julia Roberts » mais le mal était fait. J’avoue que sur ce coup-là je l’ai laissé sortir les rames et se dépatouiller tout seul…

Et vous, vous connaissez des gens qui ressemblent à des stars? (vaine tentative de faire participer les rares personnes qui par hasard se seraient égarées sur ce blog. D'autres diraient que je ne savais pas comment finir cet article totalement inutile. Pas faux.)

lundi 5 mars 2012

Bon bon bon...

Mille excuses auprès des quelques personnes qui viennent (régulièrement?) lire ce blog pour ce silence plus ou moins indépendant de ma volonté... pour expliquer cela, une p'tite tournée de Ups & Downs!

+ il y a deux semaines, nous avons eu quelques jours de vacances. Une des journées, c'était Fasching à la crèche (voir article précédent). On y a amené les loulous, Choupinou déguisé en petit diable (avec queue fourchue et cornes, à croquer!) et Choupinette en pirate (défense de rire, c'était le dernier déguisement à sa taille dans le magasin et j'allais pas y passer la nuit non plus). Pendant qu'ils s'éclataient avec leurs camarades cow-boys et princesses, le Mec et moi nous nous sommes fait une journée shopping en amoureux. On a dépensé des sous, je me suis fait refaire des lunettes, on a mangé au resto en prenant notre temps... ça faisait... attendez que je calcule... quel âge a Choupinou? 32 mois... donc ça faisait 32 mois qu'on n'avait pas eu comme ça de temps à deux hors de la maison. Vous ne pouvez pas vous imaginer le bien que ça fait... alors, certes, on sursautait à chaque cri d'enfant, pour rigoler 2 secondes plus tard "ah bah ça peut pas être les nôtres, hin hin hin!", mais marcher avec son chéri la main dans la main j'avais perdu l'habitude, et c'est toujours aussi bon! Par contre la journée a failli "mal" finir, le type qui s'est occupé de moi pour mes lunettes (2 paires, une normale et une de soleil, je lui ai pas rendu la vie facile non plus), ben c'était le frère de Rowan Atkinson dans "Love Actually" (qui est entre parenthèses un de mes (nos) films préférés): 


Voilà. Donc sa version à lui, c'était de me ramener plein de montures à essayer alors que je m'étais déjà décidée pour une, de m'expliquer en détails les propriétés de chaque type de verre (alors que j'avais dit dès le départ "la même chose que la dernière fois, merci au revoir"), de vérifier 43 fois que ma vue n'avait pas diminué depuis 5 ans ("et si je fais ça, c'est mieux? hein, hein? non, pas mieux? ah bon.... et ça et ça, c'est mieux? Non plus?"), de mettre 10 minutes à nettoyer mes lunettes actuelles... j'ai cru qu'on s'en sortirait jamais. On a finalement été chercher les enfants 10 minutes avant la fermeture de la crèche, l'honneur a été sauf!

- c'est pas moi qui me vantais que mes enfants n'étaient jamais malades? La veille de la reprise après les vacances, Choupinette a commencé à avoir de la fièvre. Vu qu'elle avait les gencives gonflées, qu'elle se mettait les doigts dans la bouche, on s'est dit "ok, c'est les dents, no problemo". Comme le Mec est une perle, il est resté à la maison avec elle quand même le lundi. Mardi, toujours 38°C, hop un suppo et direction la crèche. Vers 17.00, coup de téléphone "euh, faudrait p'tête venir, elle a près de 40 là...". Mercredi matin, même topo, c'est moi qui me dévoue pour rester à la maison, en fin de matinée on va chez le pédiatre. Diagnostic? C'est peut-être une infection urinaire, pour être sûrs faut lui mettre une poche à pipi dans la couche, la faire boire et revenir une demi-heure après en espérant avoir un peu du précieux liquide pour faire les premières analyses. Je me balade donc, mes 10 kilos fiévreux dans les bras, le Choupinou en pleine forme, s'ennuyant un peu. Alors on a fait une étape "allons voir les canards du petit plan d'eau au centre-ville", puis une étape "on va aller acheter des bretzels frais et après on va les manger sur un banc", ouf, une bonne demi-heure écoulée! Vu que la poche ne tenait pas hyper bien, il n'y avait que quelques gouttes dedans , la secrétaire médicale hautement antipathique les a emmenées en râlant et est revenue en disant "pfffffffff, c'est bien ce que je pensais, y'en a pas assez, si les résultats étaient bons ça aurait suffit, mais là non, tout est mauvais, c'est trop concentré, c'est pas bon, non non non, c'est pas bon, faut revenir demain avec une poche remplie!". Super, retour à la case départ... le jeudi matin, on se bat avec le Mec pour mettre cette p... de poche (celui qui a inventé ça, je le torturerais personnellement, et je tire mon chapeau à ceux et celles qui arrivent à récolter quelque chose), on fait boire la ch'tiote, à l'ouverture on est de nouveau chez la pédiatre... et surprise, encore rien! Le Mec se sacrifie une nouvelle fois pendant que j'amène Choupinou à la crèche et que je refais surface au boulot... plus tard dans la matinée, il m'appelle, ils sont de nouveau à la maison, le pee-pee a été à peu près suffisant, elle a bien une infection et on démarre avec les antibios. Youpi!!!!!!! Depuis samedi, la fièvre est retombée, la miss redevient un peu plus active et retrouve son appétit. Pourvu que ça dure! Jeudi on retourne chez le toubib (avec une poche, ah ah ah), on lui fait une écho des reins n espérant qu'ils n'ont pas été abîmés et on prie très fort pour que l'épisode soit terminé!

- pendant la semaine "enfant malade", je me suis pas mal pris la tête à propos du boulot... cette histoire de freinage dans la carrière, de redémarrage à zéro dans un autre domaine, de reprouver à tout le monde qu'on en veut... et de l'autre côté, la mauvaise conscience vis-à-vis des enfants, de ne pas pouvoir se consacrer 100% à eux quand ils sont malades ou quand ils ont plus besoin de moi. J'avais un peu le moral en berne. Et puis, un soir, le Mec m'a fait une réflexion (pas bien méchante pourtant), ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, j'ai fondu en larmes et j'ai pas pu m'arrêter pendant une heure. D'un côté ça m'a fait du bien, et on a parlé de mes "problèmes", il m'a fait comprendre que c'est moi et moi seule qui était à même de décider ce que moi je voulais, et qu'il fallait que je me "pose", que je prenne du temps pour moi pour prendre une décision, choisir un chemin et m'y tenir. Ca semble couler de source, mais j'avais besoin que quelqu'un me le dise. C'est clair, les prochaines semaines faut que je m'enlève le doigt du c... !

Sur ces paroles hautement poétiques, je vous quitte... jusqu'à la prochaine fois!

mardi 14 février 2012

Carnaval


Franchement, je me sens super bien intégrée dans ce pays. Je parle couramment la langue, j'ai des amis allemands, je me suis faite à la bouffe, je participe à plein d'événements/traditions qui n'existent pas en France... mais s'il y a bien un truc auquel je n'arrive pas à me faire, c'est cette période de Carnaval. Fasching que ça s'appelle ici. Je veux bien que ça soit une tradition, sans doute religieuse à l'origine même, mais qui j'en ai l'impression a fortement été détournée. Pour beaucoup, c'est seulement un bon prétexte pour picoler jusqu'à l'inconscience, pour draguer/sauter sur tout ce qui bouge (avec petit souvenir à la clé 9 mois après, vous n'avez pas idée du nombre de bébés conçus à cette période) et pour propager une fausse bonne humeur sous prétexte qu'ils sont tous ridiculement déguisés. Bon ça c'est une question de goût hein, je n'ai jamais été fana de déguisements (un traumatisme de mon enfance où j'ai traversé toute la ville à pieds pour me rendre à un anniversaire déguisée en schtroumpf parce que mon paternel avait laissé libre cours à son imagination avec ce qu'il y avait dans mon armoire), mais franchement, au-delà de 8 ans ce n'est plus mignon ni rigolo, si? Le pire c'est le tapage dans les médias. Après une semaine où il n'est question que de ça à la télé ou dans les journaux, ça suffat comme ci. Le truc le plus saôulant, ce sont les émissions où des pseudo-comiques sortent des blagues pas drôles (niveau pipi-caca-prout) ponctuées par un jingle musical énervant au possible (tintinnn tintinnnn tintinnnnnnnnnnn!) et où le plouquos lambda du public (déguisé en pirate ou en indien) se tape sur les cuisses devant tant de finesse en trinquant avec le voisin qu'en temps normal il mépriserait de toute son indifférence. Vous me direz, j'ai qu'à pas les regarder ces émissions, mais y'en a sur toutes les chaînes, et puis en ce moment c'est ça ou le curling. Le pire, c'est quand le carnaval s'immisce au boulot. Jeudi prochain par exemple, c'est ce qu'ils appellent ici le "jeudi sale" ou encore le "carnaval des femmes". Le grand jeu, c'est que les femmes se baladent avec des ciseaux et coupent les cravates des mâles qui en portent ce jour-là, et en contrepartie ils réclament un palo bisou. C'est sensé être un symbole de l'émancipation de la femme. Gné? Ou alors c'est genre "si je te coupe la cravate, ça veut dire que je pourrais te couper aussi autre chose"? (je sais pas hein, j'essaye d'interpréter!). Les années passées, le quatrième collègue qui s'est pointé devant moi en me disant "ben tu me la coupes pas ma cravate, j'en ai pourtant mis une moche exprès aujourd'hui!", je ne lui ai même pas souri, je l'ai regardé d'un air lassé et je lui ai dit "va voir chez les collègues, moi je suis française je fête pas ce genre de choses". Carrément associale la fille. Carrément pas intégrée. Le seul avantage de cette période? Les beignets gras au possible saupoudrés de sucre qui pourraient constituer ma nourriture exclusive tellement je les aime... allez, avec quelques exemplaires de ces bombes caloriques chez moi peut-être même que je jouerai le jeu et déguiserai mes enfants pour la crèche. En pirate ou en indien.

jeudi 2 février 2012

Tifs

J’ai une relation d’amour-haine avec ma tignasse. De 0 à 20 ans, j’ai toujours eu la même coiffure, des cheveux longs dont les pointes étaient rafraîchies plus ou moins régulièrement par Môman et une frange qui retombait plus ou moins esthétiquement sur mon front. Avant de quitter le nid familial à la conquête du grand Nord (enfin, le Nord de la France, c’est déjà pas si mal), ça a été symbolique, j’ai voulu aller pour la première fois chez le coiffeur. Forcément, la première fois ça impressionne, la coiffeuse te demande ce que tu veux, comme tu sais pas quoi répondre tu lances un timide « oh, un peu dans le même genre que vous », et là la professionnelle se lâche et te fait tout un discours plein de mots barbares tels « permanente » ou « effilage » en te tripotant les tifs, pour finalement aboutir à la conclusion que non, tes cheveux ils sont trop fins, que du volume ça vaut même pas le coup de chercher à en avoir, qu’on va juste raccourcir en gardant la même coupe (quelle coupe ?) et que ça sera bien comme ça. Alors bon, tu acceptes, elle coupe, elle brushingue, tu payes cher et le lendemain, tu te retrouves quand même avec la même tête et la même frange qui t’accompagne depuis de si longues années, juste un peu plus court. Du coup tu relaisses pousser… entre temps tu as rencontré un Mec qui te répète que tu es la plus beeeeeeelle du monde, mais un jour quand même il avance prudemment un « je suis sûre qu’une autre coiffure plus courte ça t’irait bien ». Alors tu lui répètes ce que t’a dit ta première et dernière coiffeuse, cheveux trop fins, pas de volume, blablabla. Chéri fait une mine dubitative et n’en reparle plus mais mine de rien, il a réveillé la greluche qui sommeille en toi et qui ne demande qu’à changer de tête.
Premier boulot, premiers brouzoufs et la grande décision : une deuxième visite chez le coiffeur ! La maison ne reculant devant aucun sacrifice, tu prends rendez-vous chez « Tony &Guy », un salon branché où la musique est plus forte qu’en boîte. Tu annonces courageusement vouloir couper ces trucs qui tombent tristement sur tes épaules sans aucune énergie, mais le coiffeur te contre en te disant que tu as une tête à cheveux longs, qu’on va juste faire un léger dégradé sur les côtés qui va tout changer et que ça sera bien comme ça. La frange disparaît presque complètement, tu as des dégradés sur les côtés mais chaque matin tu t’énerves quand même sur ces trucs raplaplas qui t’allongent le visage que tu n’as déjà pas particulièrement poupin… du coup un mois après tu reprends rendez-vous et là tu décrètes « faites ce que vous voulez mais pitié, coupez-moi ces p… de cheveux ! ». Devant tant d’autorité, il s’exécute, se lâche, fait voler ses ciseaux autour de ta tête, tu vois les mèches tomber par terre (là quand même tu te demandes si t’as pas fait une bêtise) et quand tu te regardes dans la glace à la fin tu vois une étrangère. Avantages : tes cheveux ne sont plus longs et semblent plus en forme. Inconvénients : tu mets autant de temps qu’avant le matin à les coiffer pour essayer de faire la même chose que le pro et le Mec n’est pas super emballé. Mouais. S’en suit de longues années d’expériences diverses et variées : tu veux la même coiffure que Meg Ryan dans n’importe lequel de ses films mais tu comprends vite que c’est pas possible. Alors tu testes : mi-longs, on coupe, on re-re-coupe, on re-re-re-coupe… non là vraiment c’est trop court, faut re-laisser pousser. La couleur ? Pourquoi pas ? Mèches blondes presque naturelles, mèches très blondes, mèches platine... mèches rousses, mèches noires, mèches oranges (ça, c’était pas une réussite). Et l’homme de la maison qui commence à dire que finalement, les cheveux longs et la frange, c’était pas si mal…
Puis pendant 2 ans, j’avais enfin trouvé la coiffeuse avec qui je pouvais discuter, qui me proposait des trucs pas trop foldingues, qui m’avait trouvé la longueur qui me va pas trop mal, qui savait exactement à quoi devait ressembler ma frange asymétrique, et qui faisait dire au Mec à chaque retour de chez elle « très bien la coiffure chérie ! ». Et puis un jour cette perle rare m’a annoncé qu’elle repartait vivre dans sa région d’origine à l’autre bout de l’Allemagne. Un monde s’est écroulé. Ses remplaçantes ont fait plus ou moins bien leur job, d'autres mieux que d'autres... il y eu aussi "Mademoiselle On": c'est celle qui a réussi à me refiler des soi-disants super produits pour que mon cuir chevelu soit au top (je suis faible) et qui avait une façon bizarre de me parler… dans ce salon y’a que des jeunes, c’est branché, c’est in, c’est hype, bref tout le monde se tutoie, clients et coiffeuses. Sauf qu’elle, comme elle était nouvelle elle avait pas encore tout à fait pris le pli, ou alors elle osait pas tutoyer quand sa clientèle dépassait les 15 ans. Du coup elle employait le « on » à tire-larigot. « on veut quelque chose à lire? » « on a remarqué que son cuir chevelu était pas en forme? » « on vient de quel pays, parce que j’ai remarqué qu’on a un accent » « on veut quelque chose à boire? ». Franchement ça surprend au début, je me suis surprise à regarder autour de moi voir si "on" était plusieurs. Dans un premier temps, je n’ai pas réagi, mais comme elle n’arrêtait pas, j’ai commencé à lui répondre de la même façon, « on veut bien un jus de pomme et un truc à lire, merci », ça a dû la vexer et elle a continué ses affaires dans un silence religieux. Ouf. Car s’il y a bien un truc que je déteste, c’est les small-talks des salons de coiffure, alors si en plus c’est pour me parler à la troisième personne, non merci. À la place je lisais les malheurs des stars dans le "Point de vue" allemand. Je ne sais pas quel est le pire...
Puis Mademoiselle On s'est mariée et a suivi son mari encore une fois dans un autre coin de Teutonie. Une nouvelle s'est occupée de mes cheveux, bien mais sans plus. Depuis quelques mois, je me fais coiffer par le même coiffeur que le Mec, un kurde d'origine dont je n'ai pas réussi à me décider s'il est homo ou pas, mais qui est tout ce que j'aime: s'il n'a pas envie de parler ou qu'il remarque que moi je n'ai pas envie, on se tait. Il me fait des propositions originales mais pas trop quand je lui dis que je voudrais changer de coupe. Il ne prend pas 5 clients à la fois ce qui fait que je passe plus de 3 heures dans le salon quand je fais faire des mêches. Il m'a fait une coupe qui a fait dire à ma mère "elle est vraiment super ta coiffure". Quand on connaît le nombre de compliments que ma mère m'a faits depuis 37 ans que je suis sur terre, ce n'est pas rien. Bref, j'ai ma nouvelle perle rare, et j'espère qu'il va rester jusqu'à sa retraite dans ce salon!
Sur ce, je vous laisse, j'ai un rendez-vous chez le coiffeur à prendre, mon carré plongeant a besoin d'une deuxième jeunesse...