mercredi 1 août 2012

Eins, zwei, Polizei...

... qu'on pourrait traduire par "mes expériences avec les flics teutons". Attention hein, je ne suis pas une grande criminelle, faudrait pas croire...
La première fois où je me suis "frottée" à la loi, j'avais vraiment quelque chose à me reprocher. J’avais récupéré la bagnole de ma grand-mère, je l’avais immatriculée en Allemagne, assurée comme il faut… les seuls trucs qui manquaient, c’était le triangle de sécurité et la boîte de pansements. C’est une obligation en Allemagne de les avoir toujours dans la voiture. On ne peut pas dire que je ne le savais pas, j’ai fait mon permis ici et dans un séminaire sur la sécurité (où on s’entraîne par la même occasion à faire un joli pansement, un massage cardiaque et du bouche-à-bouche à un mannequin en plastoque), c’est le genre de choses qu’on apprend. On apprend aussi que la boîte de pansements a une date de péremption, et que si on te chope avec une boîte périmée ben tu payes la même prune que si t’en avais pas du tout. Mais bon, comme d’habitude j’avais procrastiné et décidé que j’achèterais les deux choses «à l’occasion». Et ça loupe pas, un jour en rentrant du boulot, paf, un barrage de la police sous le pont à quelques centaines de mètres de chez moi… je remarque qu’ils laissent passer une voiture sur deux, d’après mes calculs je devrais passer à travers mais non, on me fait ranger sur le côté. Et là, une montée d’adrénaline dans mon corps : purée, je suis encore en période d’essai et j’ai pas le triangle et la boîboîte. Gnourf. Le flic, encore une fois avec un air peu engageant, me demande mon permis et la carte grise de la voiture… et là je me rends compte aussi que j’ai toujours mon nom de jeune fille sur mon permis, mais que j’ai fait mettre mon nom de femme mariée sur la carte grise. Là non plus, ça ne loupe pas, il me demande pourquoi il y a deux noms différents, je lui explique que je suis mariée depuis peu, que je l’ai uniquement fait changer sur la carte grise. Heureusement pour ma pomme, il semble qu’on ne soit pas obligé de faire changer le permis (j’ai vérifié après cet épisode), le flic ne dit rien, mais se barre avec mes papiers, les montre à un collègue… revient vers la voiture, commence à tourner autour, vérifie les plaques d’immatriculation… je m’aperçois que la voiture de devant, ils lui font ouvrir le coffre… ça y est, je suis foutue, je vais me prendre une contravention carabinée!!! Mais le bon Dieu décide sans doute que j’ai été assez punie à baliser comme ça, puisque le flic revient, me rend mes papiers, me signale que de temps en temps ça serait peut-être pas une mauvaise idée que je lave ma titine vu que les plaques sont un peu sales (oui oui Monsieur l’Agent, pas de problèmes Monsieur l’Agent, promis juré!), me souhaite une bonne fin de journée et me laisse partir. J’ai le cœur qui a battu la chamade encore de nombreuses minutes après, et j’ai acheté mon triangle et la boîte de premier secours dès le lendemain!

La deuxième fois, on s’est fait arrêter par les flics pour un contrôle au retour d'un mariage, donc au milieu de la nuit. Heureusement, le Mec est quelqu’un de très raisonnable, il avait bu son dernier (et je crois même unique) verre de vin 3 ou 4 heures avant et avait carburé depuis à l’eau et au coca. Au début le flic, il faisait une tête sérieuse… il a d’abord demandé les papiers… puis il nous a demandé d’où on venait… en apprenant qu’on était à un mariage, il a demandé si on avait bu de l’alcool, tout en projetant le flash de sa lampe de poche dans les yeux de mon homme… le Mec a répondu très calmement qu’il avait bu un peu de vin mais que ça remontait à plusieurs heures, et il a ajouté «et j’ai même pas bu de champagne». Là, le flic s’est complètement déridé, il a commencé à rigoler et à dire «quoi, un mariage et même pas un peu de champagne??? Quand même, vous auriez pu, un mariage ça se fête!». J’ai halluciné… en tout cas il nous a laissés repartir comme ça, sans même faire souffler. Mais aussi sympa qu’il ait été, j’avais le cœur qui battait à 200 à l’heure. Pourtant, on n’avait vraiment rien à se reprocher, mais je sais pas, c’est un réflexe incontrôlable.  le Mec, lui, il reste cool... est-ce que cela tient au fait qu'il avait un grand-père gendarme ?

La troisième fois que j'ai eu affaire à la maréchaussée, ça aurait pu bien mal finir... un matin, sur le chemin du travail, alors que je suis peut-être à 30 km/h maximum, je trafique l'auto-radio pour trouver de la musique qui me plaît. Et tout d'un coup... boum! Le bouchon s'est intensifié, tout le monde a pilé, je suis rentrée dans la voiture de devant. Gnourf. Je sors, deux filles sortent de l'autre voiture, je m'excuse, on regarde les voitures (une petite bosse et quelques égratignures, comme je disais la vitesse était limitée), on échange nos coordonnées et on met au point de se téléphoner le soir pour les histoires d'assurance. Quelques heures après, coup de fil de la conductrice au boulot, froide au possible: "oui alors bon, ma copine sur le siège passager elle a super mal au cou, on a été à l'hosto on lui a donné une minerve... maintenant on va chez les flics à cause de la blessure, et après je vais voir mon garagiste pour qu'il fasse un devis pour les réparations". Après ça en gros elle m'a raccroché au nez. Youhouuuuu... nouveau coup de fil dans l'après-midi, le commissariat qui me dit de passer le soir-même. Bonjour l'angoisse pendant les quelques heures qui ont suivi. Au commissariat, on tombe sur une fliquesse adorable, qui m'explique que la fille a en gros déposé une "pré-plainte" pour coups et blessures involontaires, que pour l'instant il ne se passe rien mais qu'elle a 3 mois pour décider si elle retire la plainte ou si elle la maintient. Sur le moment, je peux vous dire que ça fait un choc. Mais on nous dit que c'est courant ce genre de choses, que dans 99% des cas la plainte est retirée, et que je ne dois pas me faire de mouron. Plus facile à dire qu'à faire! Pendant 3 mois, j'ai donc bien balisé, j'ai pris des nouvelles régulièrement de la "blessée" qui se plaignait à chaque fois que quand même, elle avait encore un petit peu mal... et j'ai fini par recevoir un papier comme quoi je n'avais pas à craindre de procédures... tout est bien qui finit bien mais autant vous dire que depuis, il n'y a pas plus concentrée que moi sur la route!

En petit bonus et parce que ça fait partie de la culture musicale allemande (si, si), la chanson qui m’a inspiré le titre et qui n’est quand même pas loin d’être la chanson la plus conne de tous les temps...

lundi 23 juillet 2012

La flemme de trouver un titre qui va bien...

Le retour du patchwork de ma vie façon "je me fais mon cinéma"... à propos de cinéma, ce week-end sera à marquer d'une croix dans le calendrier: samedi soir, on a regardé un DVD, en entier, sans interruption!!! Le DVD en question c'était Largo Winch II. Bon bon bon. Pas franchement mauvais mais pas franchement à sauter au plafond non plus. Entre Sharon Stone botoxée (mais toujours gaulée comme une déesse, faut lui laisser ça), l'intrigue plus ou moins crédible, *attention spoiler numéro 1* le gentil qui est finalement le méchant, on est loin d'atteindre le sommet du 7ième art mais certains seconds rôles étaient plaisants (le "buttler") et *attention spoiler numéro 2* le petit garçon est trop choupinou et quand il demande où est sa maman qui vient de se faire tuer j'ai eu les nyeux un peu moins secs. Ca doit être les hormones de maman... bref, si j'étais sur mon ancien blog, je mettrais 5,5/10. Fin de l'aparté.

L'Ecole fantastique
Il y a deux semaines, on a donc visité la future école de Choupinou. Franchement, rien à redire. C'est à 2 km de la maison, les locaux sont spacieux, lumineux et accueillants, le jardin est très grand, ils ont une salle de gym, proposent des activités musicales (ce qui a beaucoup plu à mon pianiste de Mec), la directrice est super adorable et inspire la confiance dans la seconde où on la voit. On a rencontré une des futures ass mats du loulou, très sympa aussi. Et, et, et, cherry on the cake: ils acceptent même un Choupinou à couches!!! Donc la pression retombe un peu... ça ne m'a pas empêcher de lui acheter des Crocs (je déteste ces chaussures mais à ses pieds c'est mimi, je n'arrive pas à expliquer pourquoi) et une cargaison de slips Cars (ben ouais, faut motiver y paraît), le projet "cul nu pendant l'été chez Mamie" va pouvoir démarrer... tant qu'on est dans le sujet, il semble que Choupinette ait fait une grosse pissouille sur le pot la semaine dernière à la crèche (à peine 20 mois la pitchoune!). J'ai espéré me servir de cet épisode pour décider Choupinou à franchir le pas à coups de "hey, Choupinou, c'est chouette hein, ta soeur elle a fait un gros pipi sur le pot, ce n'est plus un bébé maintenant, c'est une grande fille, et toi tu es un grand garçon, tu voudrais pas faire pipi sur le pot ou les toilettes, hein, hein, hein?". Réponse de l'intéressé: "nan, moi faire pipi couches... a fait pipi et caca pot Choupinette?". Super. On avance bien.

Le Docteur
Dans la foulée de la visite de la maternelle, visite des 3 ans chez le pédiatre. J'appréhendais un peu, vu que chaque visite chez le doc jusqu'à maintenant se solde par des larmes de crocodile même si ça fait pas "aua" (vaccin). Comme je suis une mère parfaite (ihihohohahahah!), j'avais commandé pour l'anniv de Choupinou une malette de docteur, certes en plastique mais avec tout ce qu'il faut dedans: un thermomètre, un stéthoscope, une seringue, des ciseaux, des pansements, le truc pour regarder dans les oreilles et la bouche... depuis un mois, nous sommes donc ses cobayes. Victoire pédagogique, puisqu'il n'a pas râlé une seconde quand la pédiatre l'a examiné, même il a rigolé parce que le stéthoscope il était un peu froid. Parfois, les jouets ont une double vertu... en revanche, parce que Choupinou ne serait pas Choupinou si tout se passait "smooth", il a refusé de sauter à pieds joints (alors qu'à la maison il passe son temps à sauter, un vrai kangourou), et la tentative de lui faire faire le test de vue (même si théoriquement prévu pour les 4 ans) a lamentablement échoué. À chaque image présentée (dans un appareil du même type que celui pour adultes genre microscope), quand on lui demandait ce qu'il voyait il a d'abord répondu "un mammouth" (ce qu'il venait de gribouiller également sur un coin de papier, enfin c'est lui qui l'a dit que c'en était un c'était assez art moderne comme croquis) puis "ça c'est Diego". Merci Ice Age 4. Enfin bref, Monsieur a été déclaré apte à rentrer en maternelle, et ses mensurations actuelles (98 cm, 14,5 kg) sont dans les normes. Ouf!

Voisin Voisine
Tous les ans a lieu dans le quartier une petite fête: tous les voisins des environs se retrouvent pour barbecuter en choeur. Soirée toujours sympa, le voisinage commence à rajeunir un peu, la première année on avait eu l'impression d'avoir atterri dans une maison de retraite. Comme je suis une Wonder Woman (re-ihihohohahahah!), j'avais fait vite fait un gâteau au yaourt recouvert d'une glaçure au chocolat et, élément clé, des smarties dessus. Tous les enfants se sont jetés dessus. Héhéhé. Pourquoi je parle du dessert? Parce ce qu'il y a 4 ans le dessert ça a failli ruiner mon intégration dans la communauté... Flash-back été 2008:  l’après-midi j’avais préparé des Brownies vite fait, le truc tout prêt où il suffit de rajouter 3 œufs et un peu d’huile, de mélanger le tout et de mettre au four. Vers une1 heure du mat, peu avant qu’on parte, il y a eu une dame qui a demandé « qui c’est qui a fait le gâteau au chocolat que je suis en train de dévorer ? ». C’était mes brownies… 4 vieilles avaient mon plat au milieu de la table et s’enfilait les brownies en se léchant les doigts. J'étais allée les voir, et pendant 5 minutes j’avais reçu des compliments sans pouvoir en placer une, et que c’était trop bon, et que ça fondait dans la bouche, et blablabla, et blablabla… Ben figurez-vous que quand elles m’ont demandé la recette, au lieu de dire « ben c’est facile vous allez dans le supermarché le plus proche et vous achetez le paquet avec marqué brownies dessus », je sais pas ce qui m’a pris, j’ai commencé à pipeauter, que c’était facile à faire (pas menti), qu’il y avait du chocolat, du sucre, du beurre, de la farine et des œufs (pas menti), que la cuisson dépendait beaucoup du four (pas menti non plus), et qu’il n’y avait AUCUN problème que je leur amène la recette à l’occasion. N'importe quoi la Nana... Parce que du coup, vu que toute la troupe avait prévu de se rencontrer le dimanche matin pour bruncher tous ensemble, et qu’au moment de partir une des mémés m’a répété « et vous n’oubliez pas la recette hein! », je me suis retrouvée à 1 heure du mat sur le Net à chercher une recette de brownies susceptible de donner le même résultat que le mélange tout prêt que j’avais utilisé. Pitoyable, je sais. Le Mec était mort de rire. Le lendemain, j’ai amené mon petit papier qu’un d’elles m’a presque arraché des mains en proclamant à toute l’assemblée qu’elle allait en faire des copies pour tout le monde. Ben vous le croyez ou non, cette année cette même dame est venue me voir et m'a dit "vous savez, votre recette je la fais souvent à mes petits-enfants, ils aiment beaucoup mais je ne sais pas ce que je fais de mal, je n'ai jamais réussi à les faire fondantes comme les vôtres." Merci Dr. Oetker (le pape de la préparation de gâteaux en Allemagne), grâce à vous j'ai une réputation de cusinière émérite dans mon quartier.

Le Déménagement
Pas pour nous mais pour nos meilleurs amis ici (français également). Au printemps prochain, ils vont déménager à quelques kilomètres de chez nous... Leurs deux garçons sont dans les âges des nôtres, on se fait déjà des films avec des soirées pyjamas chez les uns ou chez les autres pour que l'un des deux couples ait une soirée et une nuit free-kids! Bon, c'est pas seulement à cause de cette possibilité de baby-sitting qu'on se réjouit, se dire aussi qu'on a des personnes qu'on apprécie tellement à quelques minutes de voiture, que nos enfants vont grandir ensemble et peut-être devenir amis pour la vie, que la marraine de coeur de Choupinou sera dans le coin comme "personne de référence" qui pourra parler avec lui plus tard, dont je sais qu'elle prône les mêmes valeurs que nous, qui a le coeur sur la main, tout ceci me rassure et me fait dire que je suis bien où je suis.

Diva
Aussi adorable, attachante et à croquer soit-elle, notre Choupinette a ces derniers temps des moments où elle nous laisse totalement désoeuvrés, incapables de savoir si on doit en rire ou en pleurer. Ca arrive principalement au moment du repas, encore hier soir elle nous a joué la grande scène du 2. Au début, rien ne laisse présager le drame. On lui demande si elle a faim, avec un grand sourire elle répond "jaaaaaaaaa, miam-miam!!!", limite si elle se lèche pas les babines. Le Mec, père exemplaire (nan, cette fois pas de ihihohohoahahah) prépare une purée maison (bon d'accord, les patates commençaient à avoir une sale gueule mais faut le faire quand même!), il y mélange des petits bouts de jambon de parme, je lui découpe en plus des tranches de concombre qu'elle adore, bref, tout est préparé pour un repas de rêve. Je l'installe sur sa petite chaise, lui met son bavoir "hello kitty" (oui, oui, je sais), lui pose sa gourde remplie à côté de l'assiette, lui met deux cuillères choisies par elle-même au cas où elle voudrait que je l'aide, nickel chrome. Je mets une petite quantité de purée dans une cuillère, et là ça commence: les jambes tapent par terre, le visage se crispe, les geignements commencent "neinnnnnnnnn, neinnnnnnnnnnnnnn, neinnnnnnnnnnnnn" et au bout de quelques secondes se muent en hurlements qu'on doit entendre à l'autre bout de la rue (s'il vous plaît les voisins, n'appelez pas les services sociaux). Et là, il n'a a pas de stratégie: essayer de la faire manger? Hurlements. La prendre sur les genoux? Hurlements (+ le mode "je suis une anguille"). La poser par terre? Hurlements avec petits bras levés du type "prends moi dans tes bras mère indigne". Enlever l'assiette? Double dose de hurlements. Finalement, on finit par quand même la prendre contre nous, lui caresser la tête, et on attend que ça se passe (5 minutes si on a de la chance, 10 bonnes minutes les mauvais jours). Hier soir, elle a fini par arrêter de pleurer, elle a fixé ses yeux dans les miens en demandant "miam miam?", j'ai approché doucement la cuillère et elle a nettoyé son assiette à la vitesse de la lumière. Euh.... quelqu'un a un mode d'emploi????????

Bonne semaine, "I see you"!

vendredi 13 juillet 2012

Best Of Choupinou (4)

- regardant un clip à la télé "Maman regarde, la dame grosse poitrine!" (le Mec, viens ici tout de suite, tu lui apprends quoi à notre fils, tu veux en faire un obsédasse ou quoi?)
Mais le pire est venu quelques jours après pendant que je m'habillais: "Maman, toi pas grosse poitrine, toi petite poitrine?"
Gnourf!

- entendant le dernier tube de Gossip à la radio: "Maman, dame chante fort!"

- le Mec ou moi sortons un malheureux "et merde" (franchement, on essaye de faire gaffe mais parfois, le naturel revient au galop...). Choupinou répète, évidemment. 
Moi: "il ne faut pas dire ce mot Choupinou, Papa/Maman s'est trompé, il n'est pas joli ce mot"
Lui: "faut pas dire merde?"
Moi: "non mon chéri"
Lui: "ça pas joli merde?"
Moi: "non, pas joli du tout du tout, ne le répète pas!"
Lui: "Choupinou pas dire merde, merde pas joli"
Moi: "maintenant c'est bon, tu ne dis plus le mot" (mauvaise stratégie)
Lui: [...] "merde?"
Perdu.

Conversation de maternelle

L'autre jour, on est allés visiter la future maternelle de Choupinou (j'en reparlerai, super top!). Dans le jardin, mon grand est parti jouer sur le toboggan, Choupinette a attrapé un bobby-car et a fait sa coureuse de Formule 1 en niquant ses sandalettes... Est arrivé alors un p'tit bonhomme de 4 ans je dirais, de grands yeux curieux et une bouille pleine de taches de rousseur:
Lui, montrant Choupinette: "comment elle s'appelle?" (l'autre, il essaye de draguer ma fille ou quoi?)
Moi: "Elle s'appelle Choupinette" (j'ai dit le vrai prénom hein, faut pas croire)
Lui: "ah, j'en connais pas des Choupinette, mais je connais ún prénom qui ressemble"
Moi: "c'est bien ça... et toi tu t'appelles comment?"
Lui: "Darth Wador"

J'vais vous dire un truc: il fait pas si peur que ça!

mardi 19 juin 2012

Drei

Tu as les yeux plus bleus que le myosotis.
Tes cheveux poussent à la vitesse de la lumière mais on les coupe rarement, on aime trop passer nos mains dans tes boucles.
Quand tu ris, deux petites fossettes viennent creuser tes joues qu’on a juste envie de dévorer.
Tu aimes les saucisses, les frites, les steaks, les "glaces rouges", les Bretzel, le poisson et les épinards, mais à part ces derniers impossible de te faire manger le moindre légume vert.
Tu parles français, tu parles allemand, tu parles un peu anglais, sans accent et avec une facilité qui me déconcerte.
Tu es un grand frère attentionné, doux et tendre, mais quand même, faudrait pas que Choupinette te pique tes jouets trop souvent!
Tu es fan de tractopelles, de tracteurs, de camions de pompiers et de voitures de police.
Tu aimes faire des concours de puzzle, tes parents se débrouillent toujours pour que tu finisses en premier parce que ton sourire rayonnant et ta petite voix qui dit « ich bin feeeeeeeertig ! » ça n’a pas de prix.
Tu aimes la musique, tu peux écouter certaines chansons en boucle, tu chantes très bien en yaourt, tu aimes aussi quand Papa met de la « mousique plastique » et vas souvent t’installer tout seul au piano où tu joues quelques notes de tes petits doigts pourtant longs pour ton âge.
Tu es accro à ton doudou, beaucoup, à ta tototte, un peu moins, au pot, pas du tout.
Tu connais tous les dialogues de l’Âge de Glace par cœur et rejoue sans cesse la scène du "where is the baaaaaaaaaaaby?" à ta soeur, ce qui la fait éclater de rire.
Quand tu as un gros chagrin, tu viens te blottir tout contre nous, ta tête connaît sa place dans le creux de nos épaules.
Tu n’aimes pas trop qu’on te coupe les ongles et demande toujours avant si ça va faire mal.
Tu as une mémoire d’éléphant et n’oublies aucune promesse.
Tu aimes prendre le bain et jouer à arroser ta sœur mais tu es très content quand le lavage des cheveux est terminé.
Tu as encore un petit bidon tout rond et tu adores toujours quand on fait « prouuuuuuuuut » dessus.
Tu décides toi-même le matin comment tu vas t’habiller, qu’importe cette science inexacte qu’est la météo.
Tu écoutes très attentivement ce que disent tes parents et n’hésite pas à répéter leurs mots, même si ils ont été dit dans un gros moment d’énervement du style « regarde-moi ce c…ard qui m’a fait une queue de poisson »
Tu demandes de plus en plus souvent pourquoi, comment, qu’est-ce-que c’est.
Quand on te gronde un peu, tu as une certaine facon d’avancer la lèvre inférieure pour faire une moue de désapprobation… si la lèvre tremble un peu, c’est que les larmes de crocodile ne sont pas loin…

Quand on te demande quel âge tu vas avoir aujourd’hui tu montres fièrement trois doigts. 3 ans que tu as fait de moi pour la première fois une Maman… Bon anniversaire mon Choupinou, mon grand bébé, mon petit garçon, mon blondinet d’amour!


P.S: alors qu'il est très rarement malade, le petitou n'est pas bien depuis hier soir... il est allé au lit volontairement, il a gémi la moitié de la nuit, ce matin il a dit qu'il avait mal à la bouche et il avait 38,7° de fièvre... le Mec est resté avec lui à la maison. Tu parles d'un anniversaire!

jeudi 31 mai 2012

Pendant ce temps, à Vera Cruz...

(les cinéphiles parmi vous reconnaîtront d'où vient le titre... ce film, au-delà du fait que même après le dixième visionnage je me bidonne toujours sur les mêmes répliques, a une signification particulière, puisque quelques heures après l'avoir regardé en une chaude soirée de Juin 2009, débarquaient les premières contractions qui annonçaient la naissance de Choupinou)

Hein, donc (comme disait environ 50 fois par heure un de mes profs en école d'ingé), nouvel épisode de la série palpitante "les films de ma vie"!

"Un flic à la maternelle"
Youpi youpla, gloria alleluya, super top méga trop, on a une place pour Choupinou au jardin d'enfants/école maternelle à partir de Septembre! Les expatriés germanisants qui me lisent (mais si, il y en a, on y croit!) comprennent quel soulagement c'est, pour les autres sachez qu'en Allemagne, les places au jardin d'enfants sont rares, un peu moins que celles en crèche mais pas loin. Dans mon cas, une difficulté supplémentaire du fait que je suis une mère indigne qui travaille à plein temps, donc qui a besoin d'un endroit où les enfants ne sont pas libres à partir de 13:00. Sur 5 jardins d'enfants que compte ma ville, 2 sont à plein temps (7:00 - 17:00). C'est donc pour ces deux qu'on a fait notre "candidature" il y a un an et demi de cela. Et il y a quelques jours, la bonne nouvelle est tombée par l'intermédiaire d'un message sur notre répondeur: on a une place, et c'est à 3 minutes en voiture de la maison. Youhouuuu! Il nous restera à trouver quelqu'un qui s'occupe d'aller le chercher là-bas à 17.00 et de s'en occuper jusqu'à ce qu'un de nous deux rentre (vers 18:30), et les prochaines années risquent d'être assez prise de tête sur le thème des vacances parce que l'établissement est fermé tout le mois d'Août, mais quand même, c'est une petite victoire!
Le jardin d'enfants allemand, c'est un peu différent de l'école maternelle française. Déjà, rien qu'au nom on peut le deviner... ici, la période entre 3 et 6 ans, c'est la suite logique de la crèche, où on joue beaucoup, où beaucoup de place est laissée aux activités manuelles, créatives, où on passe beaucoup de temps dehors. Certes, il y a un côté préparation à l'école, mais ce dernier ne passe pas au premier plan. En France, c'est l'école. Un encadrement déjà très scolaire, un apprentissage qui débute... j'ai trouvé cet article très intéressant qui résume bien les différences en farfouillant sur le Net:
On peut trouver des avantages et des inconvénients à chaque système (même si sur le papier c'est l'allemand qui semble le mieux parce qu'il se concentre sur le bien-être de l'enfant), je pourrai parler de notre expérience ici. En tout cas, c'est encore une étape qui fait que mon petitou n'est définitivement plus un bébé... (enfin si, quand ça l'arrange, du genre Monsieur a encore des couches et refuse le pot, on a tout l'été pour qu'il soit propre en journée, là-aussi on y croit fort fort!!!!!!!)

"le Séminaire"
Il y a 15 jours j'étais de nouveau en séminaire, la suite de celui que j'ai fait l'automne dernier et dont j'avais brièvement parlé ici. Le premier, c'était un peu sur le thème "est-ce-que je veux devenir chef d'équipe?", celui-ci, c'était "maintenant que je sais que je veux le devenir, quel genre de chef d'équipe serai-je, qu'attend la boîte de moi?". Sur 16 personnes, nous étions seulement 5 à ne pas faire l'Assessment Center cette année. Il y avait donc 11 jeunes loups qui se voyaient les uns les autres comme de potentiels concurrents et qui a chaque thème abordé en gros demandaient "et comment il faut faire pour bien répondre/être bien vu le jour de l'Assessment Center?", malgré que les formateurs aient dit dès le début que le séminaire n'était en aucun cas une préparation à ça. Heureusement, ils ont assez vite compris, et le groupe était au bout du compte assez sympathique. J'étais pratiquement la seule à venir du domaine du développement, la plupart des autres filles notamment étaient dans le marketing, la logistique ou encore les achats. Dans ces jobs il y a évidemment besoin d'un certain bagou, d'une certaine présence. Vous l'aurez compris, à côté de ces filles sûres d'elles, qui racontent qu'elles font 6 heures de sport par semaine, que tous les ans elles font un grand voyage "le plus beau jour de ma vie c'est quand je suis arrivée au sommet du Kilimandjaro", et que oui, elles ont fait le choix de ne pas avoir d'enfants et de privilégier leur carrière (toutes entre 36 et 40 ans), je me sens un peu... différente (voir mon post précédent). Ca ne m'a pas empêchée de participer activement au séminaire, de me faire "mal" en me forçant à faire un jeu de rôle sur une situation de conflit pas évidente, et finalement j'en retire des bonnes choses, je sais les domaines où il faut que je travaille sur moi et j'ai récolté des feed-backs positifs (en plus, personne ne s'est plaint de mon accent) et des critiques constructives. Si on ajoute à cela un entretien très très agréable hier avec un collègue de mon chef (donc assez haut hiérarchiquement), duquel va peut-être se profiler une possibilité de prendre des responsabilités dans un projet, ce qui est mon but pour me remettre dans le bain de la technique les prochains mois, mon bilan professionnel et les progrès que je constate chez moi sont donc plutôt positifs. Pourvu que ça dure...

"Boire et Déboires"
J'ai un peu hésité à en parler ici, même si j'y ai déjà fait quelques allusions, mais quelque part même si en ce qui concerne ma famille avec les années je me suis fabriqué une carapace et ai mis une certaine distance émotionnelle pour me protéger, il reste que quand il y a un problème ça me travaille et j'ai besoin d'en parler. Le problème? L'alcool. La personne concernée? Mon père. Il y d'abord eu son départ en retraite. Puis un événement qui l'a beaucoup perturbé. S'en est suivi un début de dépression. Mes parents ont toujours été de bons vivants, également au niveau de la boisson, du vin pendant les repas je l'ai toujours connu à la maison. Quand le petit whisky digestif ponctuel du paternel est cependant devenu systématique, quand il n'était plus seulement digestif mais pris à n'importe quel moment de la journée, quand sont apparus les réveils nocturnes histoire de "prendre une petite goutte", quand les muscles ont fondu, quand le foie s'est rebellé, quand le moindre effort est devenu une épreuve physiquement impossible, quand les chutes ont commencé... c'est qu'il était déjà dans l'engrenage. Je n'ai pris vraiment conscience du problème qu'à la naissance de Choupinette, quand ma mère s'est enfin décidée à mettre des mots sur ses inquiétudes et à m'en parler. Il y a des jours avec, il y a des jours sans, lors de ses visites chez moi il arrive à se contrôler plutôt bien et à ne pas sortir du rang... n'empêche que plus ça dure, plus ça s'aggrave, et j'ai été un peu soulagée d'apprendre que grâce à l'aide du médecin de famille, mon père a accepté de se prendre en mains et de faire une cure. Demain a lieu l'entretien avec le médecin qui décidera des conditions, de la durée, du contenu... la bataille est loin d'être gagnée, même avec le pseudo-détachement qui est le mien je ne peux souvent pas empêcher une petite boule de se former dans ma gorge. Alors je croise les doigts, je prie avec ce qui me reste de foi que ma famille s'en sorte, qu'elle fasse preuve de force, de volonté et de discipline pour s'en sortir et acquérir un nouvel équilibre, dans lequel tout le monde trouve sa place. Y compris moi. 

I'll be back!

vendredi 4 mai 2012

Je suis timide... mais j'me soigne

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une fille complexée avec une confiance en soi proche du zéro absolu. Je crois que ça a vraiment démarré à l’école primaire, cette période où les enfants deviennent méchants, dès que le physique commence à avoir de l’importance. J’ai toujours été grande et assez costaud, donc enfant je passais facilement pour «grosse». Je me souviens d’une phase où j’avais été super contente qu’on me donne un surnom, ça voulait dire que je faisais partie de la bande, que j’étais intégrée… que ce surnom soit Bouboule, ça a quand même fini par me peser…

Quand on est enfant ou même ado, on ne choisit pas forcément ses fringues. Enfin, chez moi c’était pas le cas. Ma mère avait toujours tendance à m’habiller en vraie petite fille, avec des robes à volants, des trucs roses… oh c’était toujours des choses jolies, et sans doute chères, mais quand on est au collège, que les autres ont tous des jeans et des t-shirts Naf-Naf et que soi-même on porte des robes en velours et un manteau en espèce de fausse fourrure rose (je l’adorais ce manteau, jusqu’à ce que je me prenne une remarque déplacée un jour, à partir de là je trouvais toutes les excuses pour ne plus le mettre), on se sent marginale. Et puis la coiffure, n’en parlons pas. Au début j’aimais mes cheveux longs, j’aimais les nattes et les macarons façon princesse Leila que ma mère me faisait tous les matins. Ces tresses, je les ai portées jusqu’en 6ième, jusqu’à ce qu’encore une fois je me fasse traiter de naze par des camarades. Exit les nattes. Tout ceci a fait que je me suis un peu renfermée sur moi-même. J’avais des copines bien sûr, qui elles étaient souvent les stars de la classe… le syndrôme de la copine moche ? Je le ressentais à 100%.

La période la pire, ça a été le collège. J’ai eu droit à l’appareil dentaire façon Dents d’Acier, à un moment avec la totale, les petits élastiques qui reliaient le haut et le bas (et qui pétaient quand on ouvrait trop grand la bouche), les gencives en sang, et le casque la nuit qui tirait horriblement et qui rendait toute position autre que sur le dos impossible. Top glamour. Le pire du pire, ça a été lorsque les boutons d’acné sont apparus en plus. Je pouvais difficilement me regarder dans une glace… c’est aussi la période où le corps change et devient (théoriquement) celui d’une femme. Le mien restait sans formes, et il a fallu que j’attende mes 18 ans pour me faire à l’idée que bon, c’était comme ça, jamais je ne ferai plus qu’un 85B. Au lycée et à la Fac, mon physique s’est légèrement amélioré (plus d’appareil dentaire, une peau de nouveau potable grâce à Roaccutane mon sauveur), ma confiance en moi par contre, c’était toujours pas ça. Complexée un jour, complexée toujours. Mais mon caractère a un peu changé. J’ai choisi l’auto-ironie comme moyen de défense.. J’étais toujours timide, mais je devenais plus expansive, me moquant de moi-même à chaque occasion. Vestimentairement, j’ai essayé de me trouver un style. Pas forcément à la dernière mode, j’avais ni les moyens ni la force de persuasion nécessaire sur ma mère… mais j’ai commencé à mettre des jolis petits bijoux, à accorder les tenues, à mettre des petits talons, à me maquiller un peu plus, de sorte de faire ressortir mes yeux bleus, seule vraie partie de moi que j’ai toujours trouvée convenable (et que j'ai léguée à mes enfants). Et tout ça, ça a payé. Ce n’est plus seulement moi qui allais vers les autres pour m’en faire des amis, ce sont aussi eux qui venaient vers moi. Mes autocritiques passaient pour un signe de confiance en soi. Mais complexée, je l’étais toujours. Je n’arrivais pas à comprendre ce que ces amis pouvaient me trouver, je me sentais toujours aussi banale, moche, ordinaire. Complètement ordinaire. Sentimentalement, j’étais toujours au point mort, je n’attirais que des gentils garçons un peu polards et souvent pas très gracieux. Moi, je tombais amoureuse des autres, les bad boys, les séducteurs, ceux qui me voyaient seulement comme une bonne copine rigolote et pas comme une potentielle petite copine.

Arrivée à 20 ans en école d’ingés, revirement de situation. 95 mecs + 10 filles = l’embarras du choix. Les derniers mois, avec le stress du concours j’avais perdu du poids, avant la rentrée je m’étais décidée à couper un peu mes cheveux, et paf d’un coup je récoltais plus de compliments que dans toute ma vie jusque là. Le premier beau gosse qui a manifesté un peu d’intérêt pour ma petite personne, il m’a accrochée. Et puis j’ai rencontré le Mec. Qui m’a séduite, charmée, qui petit à petit a réussi à rajouter quelques pierres à l’édifice fragile de ma confiance en moi. Qu’un homme aussi merveilleux soit amoureux de moi depuis presque 18 ans, c’est ce qui me fait penser de temps en temps que finalement, je suis peut-être quelqu’un de bien.

Au niveau du boulot, pareil. J’ai toujours été une bosseuse, donc ça marchait bien, mais jamais je n’ai eu de don, de talent inné pour quelque chose. Et mes parents ne m’ont jamais donné l’impression que c’était quelque chose de spécial d’avoir un minimum de succès scolaire. Première de la classe? C’est normal. Bac scientifique avec mention? C’est normal. 86ième d'un concours national? C’est normal. Un premier bon boulot dans une grosse boîte allemande? C’est normal. Assistante d’un chef de centre? C’est normal. Jamais ils ne m’ont dit qu’ils étaient fiers de moi, alors moi aussi j’ai commencé à trouver tout normal, pas extraordinaire, à la portée de n’importe qui. J’ai tendance à rabaisser ce que je fais, à dire que j’ai seulement eu de la chance, que j’étais au bon endroit au bon moment, et que n’importe qui d’autre pourrait faire ce que je fais. Ce genre de choses fait que je suis rarement dans l'initiative, je suis peu mordante, je me laisse guider par les événements, par les gens qui me tendent la main. Tout se qui s'est passé les derniers mois, la dernière discussion avec Mister Boss à propos de ma carrière, vous n'imaginez pas combien ça m'a stressée. Tout en m'apercevant que si je le voulais, je pouvais bien me vendre, je pouvais avoir un minimum d'ambition, sans pour autant ne plus être gentille et prendre le melon.

Mon premier blog aussi, ça a été une «thérapie». À côté de la confiance du Mec, de son soutien, de sa fierté, à côté du boulot qui marche bien et où on reconnaît mes qualités, à côté des vrais amis pour qui je m’aperçois que je compte, ces quelques lignes quotidiennes étaient un moyen pour moi d’exprimer qui je suis. De réaliser que je pouvais «plaire» à de parfaits inconnus. De me réconcilier avec moi-même. De m’estimer moi-même. Même si régulièrement je ne pouvais m’empêcher de penser « mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien y trouver à ma prose? »

Alors bon, j’en suis pas encore à chanter « You’re simply the best » le matin devant la glace en faisant ma toilette (rigolez pas, un ancien collègue du Mec c’était son rituel du matin !) ou à remplir un cahier avec mes succès de la journée. Mais de penser à tout ça, à mon homme, à ma vie, à mes amis, à ces petits jardins secrets dispersés sur le Net où on ne me juge pas… ben ça me fait presque plaisir d’être moi.